Ce lundi 23 mars 2026, un débat enflammé s’empare de la Une de plusieurs journaux : la révision de la Constitution. Entre les intentions prêtes au pouvoir et la levée de boucliers de l’opposition, la tension politique monte d’un crâne. Au cœur du débat ce lundi, résonne la voix de l’opposant Delly Sessanga.
« Changement de la Constitution : Sessanga contre la distraction des Congolais », titre à la Une Le Quotidien ce lundi matin. Le journal rapporte la sortie médiatique du leader du parti ENVOL. Pour Delly Sessanga, l’heure n’est pas aux ajustements de la loi fondamentale, mais à l’action concrète pour la nation.
Le journal précise que pour l’ancien député, agiter le chiffon rouge de la révision constitutionnelle en ce moment précis est une manœuvre de diversion. Delly Sessanga dénonce ce qu’il qualifie d’« usage politique de la situation sécuritaire dans l’Est ».
Selon lui, les autorités tentent de justifier un changement des règles du jeu démocratique en s’appuyant sur la crise sécuritaire, alors que l’urgence absolue devrait être la défense de l’intégrité territoriale.
Pour sa part Actualité.cd souligne que Delly Sessanga critique l’usage politique de la situation sécuritaire dans l’Est pour «se maintenir au pouvoir»». « Refuser et condamner l’agression extérieure ne signifie pas prudencener les dérives internes », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de concilier défense de la souveraineté nationale et exigence de responsabilité politique, rapport actualité.cd.
Cette sortie de Delly Sessanga intervient dans un climat de suspicion généralisée. Le tri-hebdomadaire Congo Nouveau se pose d’ailleurs la question à sa Une : « Révision constitutionnelle vers la fin du mandat : que vise réellement Félix Tshisekedi ? ». Le journal analyse les signaux envoyés par la majorité et souligne que la cristallisation du débat autour de la fin du mandat présidentiel fait craindre à l’opposition un déverrouillage des articles intangibles.
Pour Delly Sesanga, l’argument sécuritaire ne peut plus servir de paravent à l’immobilisme électoral, note pour sa part Africa News.
Tout en condamnant fermement l’agression rwandaise, le leader du parti politique Envol a dénoncé une diversion permanente, estimant que le maintien d’une logique de guerre permettrait au régime d’éluder le débat de fond sur la préparation des examens, fait savoir le tabloïd. D’après lui, ce ténor de l’Opposition a désormais exigé l’application immédiate de la feuille de route de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, avec un cap clair : la convocation de l’électorat le 23 octobre 2028.
La presse note également que ce débat occulte d’autres urgences. Alors que Delly Sessanga appelle à la vigilance citoyenne, d’autres journaux, comme Le Phare, soulignant que la priorité devrait rester l’assainissement des finances publiques. L’annonce de la saisie de près de 2 millions de dollars à l’aéroport de Ndjili par le ministre de la Justice vient rappeler, selon certains analystes, que les vrais défis sont ailleurs : dans la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, plutôt que dans la réécriture des textes.
Et Le Potentiel d’ajouter : la lutte contre la criminalité financière passe à la vitesse supérieure. Selon ce quotidien, ces fonds ont été découverts dans les bagages d’un passager en départ pour l’étranger. Le journal note que le Parquet a été instruit de remonter toute la filière pour identifier les commanditaires de cette tentative de sortie illicite de dispositifs.






