Huit mois après la signature de l’Accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des Etats-Unis d’Amérique, le 27 juin dernier, les résultats se font attendre. Selon le rapport d’évaluation publié mardi 3 mars à Kinshasa par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique, le taux d’exécution des engagements plafonne à 23 %, laissant les populations civiles dans une situation humanitaire désastreuse.
Pour éviter l’effondrement définitif de l’Accord de Washington, le rapport appelle les États-Unis à renforcer la pression diplomatique sur les deux capitales (Kinshasa et Kigali). Il demande à la RDC d’accélérer les opérations ciblées contre les FDLR et au Rwanda d’amorcer la levée progressive des mesures défensives à la frontière.
Aux deux parties, il est recommandé de relancer sans délai les réunions des mécanismes conjoints de suivi, actuellement au point mort.
Selon le Baromètre, les mécanismes de mise en œuvre sont en état de « paralysie ». Sur une échelle de 10, les priorités essentielles telles que la protection des civils, l’aide aux vulnérables et le retour des déplacés affichent une note médiocre de 2,5/10.
Le rapport souligne que les racines du conflit restent intactes malgré les engagements pris sous l’égide des États-Unis. Plusieurs obstacles majeurs freinent la désescalade :
Hostilités actives : Les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs de l’Est de la RDC.
Statu quo militaire : La non-neutralisation des FDLR par Kinshasa et le maintien des mesures défensives rwandaises par Kigali bloquent l’application des clauses de sécurité.
Crise humanitaire : L’accès aux zones de conflit pour les agences de secours demeure entravé par les belligérants.
La diplomatie, seule lueur d’espoir ?
Si le terrain stagne, le rapport note toutefois des avancées significatives dans les chancelleries. La médiation régionale et la pression internationale ont permis :
L’annonce d’une aide européenne de plus de 81 millions d’euros. Des auditions marquantes au Congrès américain. Des sanctions ciblées contre les responsables accusés de saboter le processus de paix.
Cependant, pour le Baromètre des Accords de Paix en Afrique, ces efforts diplomatiques ne suffisent pas à changer la donne pour les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’heure n’est plus aux déclarations d’intention, conclut le rapport, mais à une responsabilité accumulée de chaque acteur pour transformer ce document en une paix tangible.






