L’économiste Lems Kamuanya encourage l’État à promouvoir la culture bancaire afin d’amener la population à s’abstenir du recours au phénomène appelé « Banque Lambert ».
Il a réagi ce jeudi 26 février à Radio Okapi face à la montée en puissance de cette pratique à Kinshasa :
« Qu’on installe ce qu’on appelle des banques de proximité. Qu’on installe des institutions de microfinance. La deuxième piste de solution, c’est d’arriver à éduquer la population pour qu’elle développe la culture bancaire. Et l’État doit contrôler et sanctionner ceux qui opèrent en marge de la loi. »
Faute d’alternatives, de nombreuses personnes se tournent vers ce système informel lorsqu’une urgence financière survient.
« Il m’arrive de utiliser à la banque Lambert dans des cas d’urgence. J’avais pris 100 USD avec un intérêt de 50 %, donc je vais remettre 150 USD », témoigne un Kinois.
Pour les usuriers, la « banque Lambert » est présentée comme une forme d’entraide :
« Si on te prête 50 USD, après un mois tu vas rembourser 75 USD. On s’entraide. Lorsque je prête à quelqu’un, c’est pour que je gagne un petit quelque chose. Il m’aide avec mon pourcentage, moi je l’aide avec l’argent. »
Selon la Banque mondiale, la RDC ne compte qu’environ 10 % de personnes disposant d’un compte bancaire, sur une population estimée à 112 millions d’habitants. Cette faible inclusion financière favorise le recours massif aux services informels tels que la « banque Lambert ».






