Depuis une semaine, le trafic est totalement interrompu sur l’axe routier Kiwanja-Ishasha, dans le territoire de Rutshuru, à la suite de l’effondrement du pont Nkwenda. Cette rupture de communication entre les groupements de Bukoma et Binza provoque déjà une rareté des produits vivriers et une hausse des prix sur les marchés de Kiwanja.
L’économie locale du Nord-Kivu subit un coup d’arrêt brutal. Emporté par des pluies diluviennes, il y a six jours, le pont Nkwenda laisse derrière lui des commerçants et des agriculteurs en plein désarroi.
Cet ouvrage est pourtant stratégique : il constitue le principal point de passage pour l’évacuation des produits agricoles du groupement de Binza vers les grands centres de consommation.
Le panier de la ménagère directement impacté
Sur les étals de Kiwanja, les conséquences sont visibles. La farine de manioc, aliment de base de la population locale, est faite de plus en plus rare. Les zones d’approvisionnement habituelles, comme Kisharo, Nyamilima ou Nyabanyira, sont désormais inaccessibles par véhicule.
« Nous ne sommes plus provisionnés à cause de l’effondrement du pont. Aujourd’hui, nous vendons de la farine en provenance de Kibirizi et le prix a été revu à la hausse », déplore une vendeuse de farine de manioc.
Cette dernière appelle les autorités à une réhabilitation urgente de cet ouvrage, pour permettre le retour des produits en provenance de la zone de Kisharo.
Le « système D » pèse sur les usagers
Sur place, la traversée de la rivière est devenue un véritable parcours du combattant. Faute de pont, les transporteurs sont contraints au transbordement : les marchandises, qu’il s’agisse de produits vivriers ou d’aide humanitaire, doivent être déchargées d’un côté de la rive pour être rechargées de l’autre.
Pour pallier l’absence d’infrastructure, des jeunes du village de Nkwenda ont installé des planches de fortune. Si ce dispositif permet le passage des piétons, il n’est pas gratuit :
Péage informel : les passants doivent payer pour traverser. Manutention coûteuse : le transport des marchandises à dos d’homme de part et d’autre de la rive alourdit considérablement les frais de transport.
Face à cette situation, qui paralyse le territoire de Rutshuru, les usagers routiers et les opérateurs économiques tirent la sonnette d’alarme, craignant une crise alimentaire prolongée si aucune solution technique n’est envisagée rapidement.






