La situation est restée très tendue ce mardi 10 mars aux alentours du site de déplacés de Plaine Savo, situé près du centre de négoce de Bule, à environ 85 kilomètres de Bunia. Entre accusations de bavures et infiltrations de miliciens, les milliers de civils qui y ont trouvé refuge vivent dans une peur constante.
Une adolescente blessée et des morts signalés
Selon des sources locales, la journée de mardi a été marquée par une nouvelle tragédie : une adolescente de 16 ans a été blessée par balle lors de tirs attribués aux forces de l’ordre. Ce drame fait suite à une soirée de lundi déjà sanglante.
Deux autres personnes auraient en effet perdu la vie dans une fusillade également imputée aux forces loyalistes. Des témoignages concordants affirment que l’armée aurait aussi incendié des habitations civiles. Parmi les victimes de la veille figurerait un homme âgé dont le corps, selon des sources locales, aurait été jeté dans les flammes d’une case en feu.
Infiltration de la milice et panique sur le site
Le chaos a débuté lundi lorsque des miliciens du groupe armé Convention pour la révolution populaire (CRP) se sont infiltrés sur le site. Ces derniers auraient réussi à repousser les FARDC vers les abords de cette zone de refuge.
Selon un habitant joint sur place par Radio Okapi sous couvert d’anonymat, ces échanges de tirs nourris ont provoqué une panique généralisée et une débandade totale parmi les déplacés. Au-delà de la violence armée, les leaders communautaires tirent la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire : l’accès aux soins et à la nourriture est désormais rompu, faisant craindre une explosion de la mortalité liée aux maladies et à la malnutrition.
L’armée dénonce une manipulation de la CRP
Face à ces graves accusations, la réaction de la hiérarchie militaire ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole de l’armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, rejette catégoriquement la responsabilité des FARDC dans ces exactions.
« Ces allégations sont l’œuvre de manipulateurs du groupe armé CRP qui cherchent à maintenir les déplacés dans cette situation de détresse afin de se soustraire aux efforts de paix », a-t-il déclaré. L’officier a fermement condamné l’utilisation criminelle d’un site de déplacés par les miliciens, les accusant de s’en servir comme bouclier humain pour attaquer les forces régulières.






