Le climat social est délétère au sein de l’administration publique du territoire de Bolobo ( Mai-Ndombe) depuis plusieurs semaines. Les agents de l’État et les professionnels de santé dénoncent le blocage de trois mois de leur salaire (octobre, novembre et décembre 2025 ) et pointent du doigt la responsabilité de la banque Afriland.
Privés de revenus durant la période des festivités de fin d’année, ces fonctionnaires exigent désormais une mesure radicale : le changement de leur institution de paie.
« Nous avons fêté sans argent »
Réunis la semaine dernière pour exprimer leur mécontentement, les agents ont fait part de leur désarroi face à une situation qui perdure en ce mois de janvier 2026. Donat Limbili, administrateur gestionnaire et porte-parole de circonstance, a lu une déclaration commune traduisant l’urgence de la situation :
« Nous ne savons pas jusqu’à présent où se trouve notre argent. Nous avons l’habitude d’être payés par la banque Afriland, mais jusqu’à présent nous sommes sans rien. Nous n’avons aucune assurance de retrouver ces fonds ».
Face à ce qu’ils considèrent comme une défaillance de la banque Afriland, les grévistes demandent leur transfert vers une autre structure, citant explicitement l’IFOD Caritas comme alternative pour assurer la prise en charge de leur paie.
Un sentiment d’abandon et de marginalisation
Au-delà du retard de paiement, les fonctionnaires de Bolobo dénoncent une injustice plus profonde liée à la gestion de carrière et à la rémunération. Ces agents fustigent l’indifférence du gouvernement central concernant leur intégration effective sur les listes de paie (mécanisation).
Par ailleurs, plusieurs agents en fin de carrière s’apprêtent à partir en retraite sans n’avoir perçus ni leurs derniers salaires, ni leurs primes d’État.
Le cri de détresse est clair : « Bolobo est abandonné ». Les agents exigent que la planification budgétaire de 2026 intègre enfin la régularisation de leur territoire.
Cette grogne sociale rappelle les difficultés persistantes de la bancarisation de la paie des fonctionnaires dans les zones rurales reculées de la République démocratique du Congo.





