L’insécurité chronique qui sévit au Nord-Kivu ne détruit pas seulement des vies : elle brise aussi l’espoir d’autonomie financière pour des milliers de femmes de la province.
Des organisations féminines l’ont rappelé à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée chaque 8 mars.
Pour elles, malgré le courage et la résilience des femmes du Nord-Kivu, chaque avancée est réduite à néant par les cycles incessants de violence.
Pour les femmes leaders de la province, il est urgent d’obtenir une paix durable, afin que le fruit du travail des femmes ne soit plus anéanti du jour au lendemain.
Dans plusieurs villages, des femmes ayant investi des années de travail dans des projets agricoles, commerciaux ou artisanaux voient leurs efforts anéantis en quelques heures. Le scénario est souvent le même.
Des hommes armés surgissent, incendient les maisons, pillent le bétail, ravagent les récoltes et sèment la mort.
Celles qui parviennent à fuir tenter de reconstruire leurs vies lorsque l’accalmie revient mais seulement pour un temps. L’insécurité finit toujours par les rejoindre.
Pour Emmanuella Vasikya, de l’organisation Action des Volontaires pour la Solidarité et le Développement, ce cycle permanent épuise les femmes comme les organisations qui les accompagnent :
« Tous les jours, avec des déplacements massifs, ça ne nous permet pas d’avoir des femmes qui ont un ancrage. Nous sommes découragées. Parce qu’au fil du temps nous travaillons sur les capacités des femmes, mais après un mois, on constate que ces femmes sont déplacées… Les femmes avec lesquelles nous travaillons pour leur autonomisation se retrouver à fuir, et cela nous décourageons beaucoup parce que tous les jours, il y a des crises. Sur un besoin de la paix ».
En ce 8 mars, les femmes leaders du Nord-Kivu rappellent que sans une paix véritable, les discours sur le développement et l’autonomisation ne resteront que des mots — dans une province où tout est constamment à recommencer.






