Le nourrisson, grand prématuré, a été enlevé dans la nuit de lundi à mardi au service de néonatologie de l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Ses parents sont activement recherchés.
Un nouveau-né âgé de seulement de 17 jours a été enlevé ce lundi soir à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois. Le nourrisson, prénommé Santiago et né grand prématuré, y était hospitalisé. Le personnel soignant a été alerté par le débranchement des capteurs cardiaques, a précisé le parquet de Bobigny dans un communiqué. Une enquête a été ouverte du chef d’«enlèvement en bande organisée d’un mineur de 15 ans» ou moins. Le Figaro fait le point sur l’affaire.
Possible fuite des parents en Belgique
Ses parents, les principaux suspects, sont activement recherchés ce mardi 22 octobre. Les premières enquêtes laissent penser que le couple, un homme de 23 ans et une femme de 25 ans, «aurait pu gagner la Belgique avec le nourrisson dans la nuit», précise Éric Mathais, le procureur du tribunal de Bobigny. Ils appartiendraient à la communauté «des gens du voyage», selon une source policière, et sont déjà connus des services de police et de la Justice, précise le parquet.
«L’enquête criminelle de flagrance se (poursuit) très activement, en lien notamment avec les autorités judiciaires et policières belges», ajoute Éric Mathais. Une décision d’enquête européenne a ainsi été transmise sans délai aux autorités judiciaires belges tandis que le parquet a saisi la direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. En parallèle, une ordonnance de placement en urgence du nourrisson a été prise par le parquet.
Tôt ce mardi matin, une alerte enlèvement a été diffusée par le ministère de la Justice. Les images des vidéos de surveillance ont permis de confirmer que les deux personnes sont bien sorties de l’hôpital et du stationnement avec une voiture. Les parents sont repartis avec un sac type cabas noir, «possiblement au moyen d’un véhicule de couleur clair, avec à bord trois autres individus.» L’alerte enlèvement précisait que «le nourrisson étant prématuré, une prise en charge médicale constante est indispensable».
Cinq personnes interpellées
Ce mardi, cinq personnes «de la famille» des deux suspects ont été interpellées, indique une source policière au Figaro. Des éléments confirmés par le parquet de Bobigny qui précisent que les individus, âgés de 16 à 29 ans, ont été placés en garde à vue à 10h15, du chef d’«enlèvement en bande organisé d’un mineur de 15 ans» ou moins .
Les mis en cause ont été appréhendés par les forces de l’ordre dans le secteur de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). Ni les parents ni le nourrisson n’ont en revanche été retrouvés sur les lieux. Des recherches ont également été menées à leur domicile de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’à l’adresse de plusieurs membres de leur famille, sans résultat. Les policiers ont par la suite tenté de contacter la mère sur son téléphone, sans succès.
Les parents de Santiago appartiennent à la communauté des gens du voyage. Police nationale.
«On va manger quelque chose et on revient!»
Depuis sa naissance, le 5 octobre, le bébé prématurément né à 32 semaines et deux jours, était hospitalisé. Lundi soir, les parents sont sortis du service de néonatologie avec un sac, confirme au Figaro la direction de l’hôpital de Robert Ballanger. Les enquêteurs soupçonnent le couple d’avoir dissimulé le bébé à l’intérieur.
Le couple a alors croisé une infirmière qui leur a demandé s’ils seraient de retour à minuit, afin de donner à Santiago le biberon. «On va manger quelque chose et on revient!», ont alors répondu les deux parents en affirmant qu’ils seraient bien présents pour nourrir le nouveau-né.
Ce n’est qu’un peu plus tard qu’une autre infirmière a remarqué que le nourrisson avait disparu alors «qu’il se trouvait dans une salle abritant plusieurs berceaux.» L’astreinte de l’Agence régionale de santé (ARS) a été immédiatement avertie et le service de sécurité de l’hôpital a lancé des recherches « sur place et aux alentours », poursuit la direction. La police est arrivée sur les lieux à 23h50.
«Il n’y avait aucun problème de sécurité et l’effectif était tout à fait réglementaire», assure l’hôpital qui précise que ce genre d’incident n’est jamais arrivé. À aucun moment, le personnel n’a remarqué un comportement étrange de leur part. «C’étaient des parents pas plus de problématiques que ça», relate encore la direction de l’hôpital.
32e alerte enlèvement depuis 2006
Le petit Santiago aux cheveux blonds, est vêtu d’un t-shirt marron de taille six mois et d’un pyjama blanc en velours épais. Le père, âgé de 23 ans, est vêtu d’un jean sombre, d’un t-shirt blanc, d’un blouson en jean bleu clair et d’un surblouson noir. La mère, quant à elle âgée de 25 ans, porte un pull blanc, un blouson sans manches bleu clair et une jupe verte.
Adopté en France en février 2006, le dispositif «alerte enlèvement» consiste à lancer un signal national en cas de rapt d’enfant mineur. Il a été lancé à 32 reprises depuis. Il n’est activé que si plusieurs critères se trouvent réunis : un enlèvement avéré et pas une simple disparition, une victime mineure, dont l’intégrité physique ou la vie se trouve en danger. Des éléments d’information doivent également permettre de la localiser.
Si vous localisez l’enfant, n’intervenez pas vous-même, appelez immédiatement le 197 ou envoyez un courriel à pppj.alerte.enlevement@interieur.gouv.






