Autrefois perçus comme des remparts contre l’avancée des rebelles de l’AFC-M23, les groupes armés dits « Wazalendo » font face à un rejet massif dans le territoire de Shabunda. Accusés de commettre des atrocités contre les civils, ils sont aujourd’hui déclarés indésirables par les différentes couches sociales.
Le climat social est devenu délétère, particulièrement dans la chefferie de Wakabango et le groupement de Bamuguba-Sud, ont indiqué jeudi 5 mars des sources locales. Dans ces zones, l’antipathie populaire a atteint un point de non-retour face à ce que les habitants qualifient de « barbarie ».
Une litanie d’exactions prononcée
Pillages généralisés, extorsions et, plus grave encore, des mutilations atroces : la liste des méfaits attribués à Wazalendo ne cesse de s’allonger. Ce qui devait être une force de résistance citoyenne s’est transformée, selon de nombreux témoignages, en une source de terreur pour la population rurale.
Le coordonnateur national de l’ASBL Forum des nationalistes, Jules Magene Kakumbu, a joint sa voix à celle des victimes pour dénoncer ces dérives :
« Les alertes proviennent de partout. Ce comportement barbare discrédite totalement l’essence même de leur engagement initial. La population ne peut plus supporter ces méfaits commis sous couvert de patriotisme ».
Une pression politique et sociale croissante
L’exaspération a gagné les plus hautes sphères provinciales. Lors d’une récente visite de réconfort à sa base, le ministre provincial des Infrastructures a été directement interpellé par la pression populaire. Face à la colère des habitants, il a dû publiquement demander aux Wazalendo de se désengager sans délai du chef-lieu du territoire de Shabunda.
Un dilemme sécuritaire
Ce rejet massif pose aujourd’hui un sérieux dilemme sécuritaire dans la province. Comme le soulignent certains observateurs dans la presse kinoise (notamment Le Potentiel et Congo Nouveau), alors que la menace de l’agression rwandaise reste réelle dans l’Est du pays, le comportement des groupes d’autodéfense sur le terrain fragilise la cohésion nationale et l’autorité de l’État.
À Shabunda, l’heure n’est plus à la collaboration, mais à l’exigence d’un retour à l’ordre public assuré par les seules forces régulières.






