Vital pour des milliers de personnes fuyant les violences des rebelles ADF, l’Hôpital général de référence d’Oicha, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), traverse une grande crise de fonctionnement. Entre surpopulation de la maternité et manque d’électricité, cet établissement, créé en 1934, fonctionne difficilement à ce jour.
Entouré de quatre sites de déplacés, cette institution médicale est le seul recours pour des malades vulnérables et des femmes enceintes qui, pour la plupart, n’ont aucun moyen de régler leurs factures médicales, affirme Salomon Siriwayo, administrateur gestionnaire de l’hôpital.
Une maternité saturée : des accouchées à même le sol
La situation à la maternité est particulièrement alarmante. Le flux constant de femmes déplacées a fait exploser les statistiques de l’établissement, dépassant largement ses capacités d’accueil initiales.
« Aujourd’hui, nous enregistrons une moyenne de 500 accouchements par mois, sur une capacité de 80 lits. On est obligé de mettre des femmes sur le trottoir, et on y met le matelas », s’inquiète le docteur Kasereka Nzala, médecin directeur de l’hôpital.
Calvaire de l’obscurité et coût du carburant
À l’absence de raccordement électrique stable s’ajoute une gestion financière intenable. Pour maintenir en vie les services essentiels comme la néonatologie, les soins intensifs ou les blocs opératoires, l’hôpital dépend exclusivement d’un groupe électrogène.
Salomon Siriwayo, administrateur gestionnaire explique l’impasse budgétaire :
Consommation : entre 6 et 15 litres de carburant par heure, Modèle économique : l’hôpital vit de l’autofinancement, mais les charges dépassent désormais les recettes, Services impactés : Réanimation, blocs opératoires et couveuses pour les nouveaux-nés.
« L’hôpital travaille dans la faillite », déplore-t-il, souligné que les soins gratuits octroyés aux plus démunis creusent chaque jour davantage le déficit de la structure.
Face à ce tableau sombre, les responsables de l’Hôpital général d’Oicha lancent un cri de détresse aux autorités provinciales et aux partenaires humanitaires. Sans une intervention urgente pour stabiliser l’alimentation en énergie et augmenter la capacité d’accueil, l’espoir de milliers de déplacés de bénéficier de soins de santé de base pourrait s’éteindre.






