Au lendemain du derby lushois interrompu à la suite de tensions au stade de Kamalondo, le TP Mazembe et le FC Lupopo se rejettent mutuellement les responsabilités.
Dans des communiqués parvenus ce lundi 9 mars à Radio Okapi, les deux clubs, leaders du groupe A du championnat national (LINAFOOT), condamnent les actes de vandalisme enregistrés et disent attendre des sanctions des instances de football.
Le TP Mazembe a regretté que son antre de Kamalondo, seul stade de la RDC actuellement homologué par la FIFA et la CAF pour les compétitions internationales, ait été transformé en lieu de bataille :
« Ce stade, que le TP Mazembe met gracieusement à la disposition de tous les clubs congolais pour leurs compétitions continentales y compris le FC Saint‑Éloi Lupopo lui‑même, qui y a disputé ses dernières rencontres africaines dans les meilleures conditions est victime de la furie destructrice de ceux‑là mêmes qui en ont été les premiers bénéficiaires ».
La direction des Corbeaux affirme avoir recensé plus de 500 sièges arrachés, des véhicules stationnés dans l’enceinte caillassés, de la signalétique détruite, des grilles de séparation arrachées, des portails enfoncés, des symboles du club saccagés et plusieurs personnes blessées.
Elle indique que l’ensemble des exactions a été intégralement filmé par les caméras de surveillance du stade, ainsi que par les équipes de reportage présentes.
Le TP Mazembe souligne avec fermeté le caractère « inqualifiable et suicidaire » de ces actes et rappelle que, dès les premières minutes, les supporters du FC Lupopo s’étaient livrés, selon lui, à des actes de violence caractérisée.
« Des projectiles ont été lancés de manière répétée depuis leurs tribunes en direction de l’arbitre de ligne et des joueurs du TP Mazembe, contraignant l’arbitre central à interrompre la partie à plusieurs reprises. À la mi‑temps, la situation a basculé dans le chaos le plus total : des hordes de supporters de Lupopo ont envahi la pelouse pour se livrer à des pratiques fétichistes dans les buts du TP Mazembe, poussant l’indécence et l’ignominie jusqu’à uriner dans la cage du gardien des Corbeaux. Chassés par les forces de l’ordre, ces individus […] ont semé la terreur dans l’enceinte du stade », ont déclaré les Banyangwenya.
Le club noir et blanc dit être prêt à engager des actions judiciaires et disciplinaires afin d’obtenir réparation.
Contre-offensive du FC Lupopo
Pour sa part, la direction du FC Saint‑Éloi Lupopo a également dénoncé « les scènes de chaos et de barbarie » ayant émaillé le derby face au TP Mazembe, accusant le club adverse d’obstruction, d’intimidation et de pratiques fétichistes.
« Dès la fin de la première période, nos joueurs ont été injustement empêchés de regagner les vestiaires, instaurant un climat de tension hostile totalement injustifié. Au retour des citrons, le gardien adverse s’est livré à des rituels fétichistes ostentatoires, provoquant délibérément l’animosité du public. Nous avons observé un manège troublant entre le banc de touche du TP Mazembe et les ramasseurs de ballons, ces derniers aspergeant le terrain et les ballons de substances suspectes », a dénoncé la direction.
Selon les Cheminots, la situation a dégénéré lorsque les stadiers et supporters locaux ont envahi l’aire de jeu avec pour objectif de chasser leurs supporters.
Ils affirment disposer d’images montrant des supporters noirs et blancs arracher les sièges de leur propre stade pour s’en servir de projectiles contre les fans de Lupopo.
Face à l’insécurité totale, le match a été définitivement interrompu. Le FC Lupopo rapporte que son banc de touche a été ensuite directement ciblé par des projectiles et agressions physiques.
Tout en condamnant tout acte de vandalisme, « quel qu’en soit l’auteur », le club ferroviaire dit attendre des instances sportives des sanctions exemplaires, impliquant les supporters, officiels et ramasseurs de ballons.
« Le FC Lupopo, n’étant ni organisateur ni propriétaire du stade, n’était venu que pour jouer son football et chercher la victoire, et est donc exempt de toute responsabilité organisationnelle ou sécuritaire », conclut le communiqué.






