Samedi 17 janvier 2025, Kolwezi n’a pas vécu au rythme ordinaire des heures. La ville battait au tempo du football. Dès l’après-midi, des vagues humaines convergeaient vers le stade Dominique Diur, drapées de couleurs, de chants et d’espoirs mêlés. Ce jour-là, il n’était pas question d’un simple match. C’était le derby. Celui qui fracture les rues, oppose les amis d’enfance et unit pourtant toute une ville : AS Simba face au CS Manika, Mbingwa contre Kamikazes, pour la phase retour du groupe A. Un rendez-vous sans filet.
Sur le terrain, chaque ballon compte
Sur la pelouse, chaque ballon pesait lourd. Les contacts claquaient, les regards brûlaient d’intensité. Les joueurs savaient. Le public n’avait rien oublié, surtout pas ce souvenir encore vif du match aller et de ce geste malheureux de Kabasele Kalonji, ce ballon poussé dans ses propres filets. Le football, parfois cruel, sait aussi offrir la rédemption.
Kabasele Kalonji, la redemption
Le temps s’est étiré jusqu’à frôler l’insupportable, puis la scène s’est écrite. À la 68e minute, Kabasele s’est élevé dans la surface, comme porté par une force invisible. Sa tête a parlé pour lui. Le ballon a filé, droit, implacable. Cette fois, il a choisi le bon camp. Une libération intime, un rugissement collectif. Le stade Dominique Diur a tremblé, partagé entre extase et stupeur.
Les Mbigwas refusent de plier
Mais un derby ne se rend jamais. Touchés, les Mbingwa ont refusé l’abandon. Ils ont remis le pied sur le ballon, le cœur en avant, repoussant leurs limites à chaque offensive. Les minutes s’égrenaient, lourdes, tandis que la foule poussait comme un seul homme. Le salut, fragile et espéré, se faisait attendre.
Totokami, la lucarne imparable
Il est finalement arrivé au bout du bout du bout, quand le temps semblait déjà consommé. 85ème minute, coup franc indirect. Totokami Lardis s’avance. Le silence se fait, presque religieux. Un pas, un regard, un geste. Le ballon s’envole et s’abat dans les filets. Le stade se fige une seconde, puis explose. L’égalisation a la saveur d’une victoire, la violence d’une émotion brute.
Un derby qui restera gravé dans les mémoires
À Kolwezi, le derby n’a pas choisi son camp. Il a offert des héros, ravivé des douleurs, écrit des rédemptions et laissé les cœurs battants bien après le coup de sifflet final. Samedi, au stade Dominique Diur, le football n’a pas seulement été joué. Il a été vécu.
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