L’intelligence artificielle (IA) gagne du terrain au sein des institutions d’enseignement supérieur et universitaire de Beni, dans le Nord-Kivu. Si cet outil numérique facilite la recherche personnelle dans le cadre du système LMD, il suscite également des inquiétudes chez les enseignants quant à la baisse du niveau de réflexion critique des étudiants.
L’IA, cette branche de l’informatique permettant aux machines de simuler l’intelligence humaine, est devenue un allié incontournable pour les chercheurs et les étudiants de la région. À l’Université chrétienne bilingue du Congo (UCBC), son usage est désormais ancré dans les mœurs académiques.
Un moteur pour l’autonomie dans le système LMD
Pour les étudiants en Sciences de l’information et de la communication, l’IA est une réponse directe aux exigences du système de Licence-Maîtrise-Doctorat (LMD). Ce système repose sur une forte autonomie de l’apprenant : l’enseignant fournit environ 40 % de la matière, tandis que les 60 % restants doivent être acquis par la recherche personnelle.
« L’intelligence artificielle nous aide à approfondir nos connaissances. Elle permet de mieux comprendre les cours là où l’enseignant ne donne qu’une base », explique un étudiant. L’outil est ainsi perçu comme un tuteur numérique permanent capable d’aider à résoudre des problèmes complexes et de synthétiser de vastes volumes d’informations.
Le risque de la « paresse intellectuelle »
Cependant, cet enthousiasme n’est pas partagé par tous. Plusieurs membres du corps professoral tirent la sonnette d’alarme sur les dérives liées à une dépendance excessive à ces technologies. Felly Mundua, enseignant d’université, constate une baisse de la rigueur académique chez certains étudiants.
Selon lui, l’usage non contrôlé de l’IA entraîne :
Un ralentissement du raisonnement : Les étudiants ont tendance à accepter les réponses de la machine sans exercer leur sens critique. Une baisse de la qualité rédactionnelle : Des lacunes en grammaire et en orthographe sont de plus en plus visibles. Le non-respect des principes académiques : La facilité de génération de texte peut pousser au plagiat ou à l’abandon de la méthodologie de recherche classique.
Pour un usage encadré
Face à ce constat, les acteurs du secteur éducatif à Beni recommandent une utilisation « encadrée » de l’intelligence artificielle. L’objectif est de transformer l’IA en un levier de performance plutôt qu’en un substitut à l’effort intellectuel, afin de préserver l’excellence de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.




