Afin de renforcer la gouvernance et la transparence dans la gestion du fret congolais, William Kazumba Mayombo, directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem), a officiellement lancé ce mercredi 10 septembre 2025 à Kinshasa, les travaux d’évaluation des contrats de mandat spécial liant l’Ogefrem à ses mandataires. Ces assises, qui mobilisent directeurs, experts et représentants syndicaux, se déroulent jusqu’au 12 septembre et réunissent un panel représentatif de mandataires, parmi lesquels Agenzia Genovese Srl, Africa Union Cargo, Maersk Congo, Golden Jiangsu et World Advanced Business.
Dans son discours d’ouverture, le DG Kazumba a insisté sur l’urgence de réviser les modalités de collaboration, à la lumière des conclusions des récentes évaluations menées en juin dernier par le Conseil d’administration de l’Office.
« Il nous a semblé utile d’organiser ces assises afin de recalibrer notre collaboration et refixer les règles de jeux, utiles à la réalisation dans des meilleures conditions, des objectifs visés par chacune des parties conformément au contrat de mandat spécial qui nous lie (…) J’aimerais vous rappeler certains fondements sur lesquels repose notre coopération : les missions de l’Ogefrem, le rôle des instruments de traçabilité, et, bien sûr, les responsabilités précises des mandataires », a-t-il souligné.
Chargé par l’État congolais de suivre le parcours des cargaisons depuis leur origine jusqu’au consommateur final, l’Ogefrem s’appuie sur des outils technologiques tels que le Bordereau électronique de suivi des cargaisons (Besc). Ces dispositifs visent à garantir une traçabilité rigoureuse et la conformité avec la réglementation nationale. « Nous attendons un respect strict de ces règles de la part de chacun de nos partenaires », a insisté William Kazumba.
Diagnostic de la collaboration
Dans le cadre d’un diagnostic de la collaboration entre l’Office et ses mandataires, le DG a salué les réformes engagées depuis 2023, notamment la libéralisation des zones géographiques et la révision des frais d’émission, qui ont permis d’améliorer la production de l’Ogefrem et de redéployer efficacement les mandataires à l’échelle du territoire congolais. Toutefois, il n’a pas caché son inquiétude face à des comportements de certains mandataires jugés enclins à compromettre ce partenariat. Il a pointé du doigt plusieurs irrégularités, notamment le non-respect de la grille tarifaire, l’incohérence des informations soumises, et le non-reversement des frais perçus dans le délai imparti.
À l’en croire, ces manquements enfreignent les termes contractuels, mettent en péril la fiabilité des données de traçabilité et la cohésion des efforts collectifs. En août dernier, les créances accumulées par les mandataires auprès de l’Ogefrem dépassaient les 23 millions de dollars américains. Parmi celles-ci, plus de 8 millions concernent des instruments de traçabilité non reversés, et plus de 14 millions ressortent de commissions d’intervention non honorées.
Face à ces enjeux, William Kazumba a annoncé la mise en place imminente de mesures correctives destinées à renforcer les contrats de mandat spécial, en veillant tout particulièrement à préserver à la fois la crédibilité des outils de traçabilité et l’indépendance financière de l’Ogefrem.
Ces travaux d’évaluation en cours visent, entre autres, à instaurer un dialogue ouvert sur les défis rencontrés sur le terrain, finaliser la signature des nouveaux contrats à échéance, et renforcer les compétences des agents délégués par les mandataires au sein du système Ogefrem.





