La 11e édition du Festival Amani a débuté ce vendredi 10 avril à l’Institut Kiwele, à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga. Au-delà des festivités, la Première ministre Judith Suminwa a profité de l’événement pour annoncer des réformes structurelles, notamment la redynamisation du soutien financier aux artistes.
Délocalisé pour la deuxième fois à Lubumbashi, le Festival Amani ne se limite plus à sa dimension musicale. Pour cette édition placée sous le thème « Re-devenir », le gouvernement cherche à transformer cet élan culturel en levier économique.
Vers une « économie de la culture »
Lors du lancement officiel, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a affiché son ambition : sortir la culture du simple divertissement pour en faire un secteur productif. « Le gouvernement s’engage à structurer une économie culturelle », at-elle déclaré véritablement, évoquant la création d’emplois pour la jeunesse et le soutien aux industries créatives locales.
Cette volonté politique devrait se traduire par des investissements dans les infrastructures, mais aussi par une réforme attendue par les professionnels du secteur : la relance du Fonds de promotion culturelle (FPC). La Cheffe du gouvernement a assuré que ce fonds serait « redynamisé » pour appuyer concrètement les opérateurs culturels dans leur diversité.
Retombées locales et tourisme
Pour la ville de Lubumbashi, l’accueil du festival représente une opportunité commerciale immédiate. Selon la ministre de la Culture, Yolande Elebe, l’événement stimule directement l’industrie de l’accueil (hôtellerie, restauration) et génère des emplois saisonniers pour les jeunes techniciens et artisans locaux.
La culture comme réponse à la crise
Dans un pays marqué par des conflits persistants dans l’Est, le festival est utilisé comme un outil de cohésion sociale. Judith Suminwa a insisté sur le fait que l’art et la musique doivent servir de leviers pour restaurer la confiance mutuelle et refuser la fatalité de la violence.
Durant trois jours, jusqu’au 12 avril, les panels sur l’entrepreneuriat et l’environnement succéderont aux prestations artistiques, avec pour objectif affiché de bâtir une résilience collective à travers les industries créatives.






