À Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, Mamichou Mitongu s’est imposée comme une figure inspirante dans un domaine encore largement dominé par les hommes : la peinture et les métiers du bâtiment. Mariée et mère de trois enfants, cette artiste peintre exerce son métier avec passion depuis plus de vingt ans.
Formée à l’Académie des Beaux-Arts de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, Mamichou Mitongu a commencé sa carrière en 2003. Depuis, elle n’a arrêté de transformer sa passion pour les couleurs et l’art mural en véritable métier, contribuant à embellir plusieurs bâtiments publics et privés dans la région.
Une femme qui brise les barrières
Dans son travail quotidien, Mamichou n’hésite pas à grimper sur des échelles pour peindre les murs de maisons ou d’immeubles. Une image encore peu commune pour une femme dans ce secteur.
« Je voyais les papas monter sur les échelles, et je me disais que moi aussi je devais essayer », raconte-t-elle.
Grâce à son professionnalisme, elle a décroché plusieurs contrats dans différentes localités, notamment à Kabinda, Lueboet Ngandanjika. Elle a également collaboré avec certaines entreprises et institutions, dont Airtel, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Direction Générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations, (DGRAD).
Un parcours tourné vers l’apprentissage et l’autonomie
Toujours en quête de perfectionnement, Mamichou Mitongu a poursuivi sa formation à l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), où elle a acquis des compétences supplémentaires dans le bâtiment, la plomberie et le carrelage.
Cette diversification lui a permis d’obtenir de nouveaux marchés dans la construction et l’aménagement de bâtiments.
Refusant de dépendre des autres, elle encourage particulièrement les femmes à apprendre un métier afin de gagner leur autonomie financière.
« Les femmes doivent apprendre un métier au lieu de vivre la main tendue », conseille-t-elle.
À travers son parcours, Mamichou Mitongu plaide également pour la création d’écoles de métiers afin d’offrir davantage d’opportunités de formation aux jeunes et aux femmes.






