À Goma, au Nord-Kivu, être femme et vivre avec un handicap ne rime pas avec renoncement. Jeudi 12 mars, au stade paralympique, en marge du mois des droits des femmes, l’association des handicapés physiques Tuungane a envoyé un message fort à la société : « la fatalité n’a pas sa place dans leurs vies. »
Réunions pour un match mixte de handibasket, femmes ces et hommes ont dénoncé l’exclusion sociale qui freine leur épanouissement et réclament un accès égal aux opportunités. À travers une note de plaidoyer, elles ont interpellé les autorités et la communauté sur la nécessité d’une justice réelle pour les personnes vivantes avec handicap.
Sur le terrain, la mixité a pris tout son sens. Pour Aline Kahambu, amputée il ya trois ans, jouer aux côtés des hommes est plus qu’un exercice sportif : c’est une affirmation de liberté et d’égalité.
« Lorsque nous jouons avec les hommes, ça reflète l’égalité. J’ai été libre vraiment, jouer sans peur, vraiment je me sens à l’aise », confie-t-elle.
Le chemin vers l’inclusion a été long et semé d’embûches. Grâce à l’accompagnement du Comité international de la croix rouge (CICR), Aline a pu recevoir une prothèse et retrouver confiance en elle. Aujourd’hui, elle voit l’avenir avec optimisme :
« Être handicapée n’est pas un obstacle, parce qu’être handicapée ce n’est pas dire qu’on ne doit rien faire, on doit se développer. »
Au-delà du sport, ces femmes envoient un message clair : leurs compétences et leur engagement méritent d’être reconnus. Elles ont appelé la communauté à dépasser les préjugés et à valoriser le potentiel des personnes vivantes handicapées, pour une société véritablement inclusive.






