Au milieu de l’animation et des couleurs de la foire organisée au stade paralympique de Goma, une silhouette attire l’attention. Installée sur son vélo tricycle, Maombi Saidi surveille attentivement les épis de maïs qu’elle fait braiser devant les visiteurs. Femme vivante avec handicap, elle fait partie de celles qui, malgré les obstacles, refusent de baisser les soutiens-gorge.
La scène a été évoquée par notre reporter, Rosalie Zawadi, présente sur place pour couvrir le lancement des activités du mois des droits des femmes dans la ville, sous occupation rebelle depuis plus d’un an.
Une foire qui célèbre le courage des femmes
Lundi 9 mars, les organisations membres du groupe de travail de lutte contre les violences basées sur le genre ont lancé les activités du mois des droits des femmes au stade paralympique de Goma, au Nord-Kivu. Pour l’occasion, une foire a rassemblé des dizaines de femmes lieux exposant leurs produits.
Des produits agricoles aux objets d’artisanat, en passant par la petite industrie et la restauration, les stands offrent un aperçu de l’ingéniosité et de la détermination des femmes du Nord-Kivu.
À l’entrée du stade, l’ambiance est conviviale. Deux femmes s’affairent autour d’un poêle pour préparer des frites et des brochettes, tandis que les visiteurs circulent entre les étals. Mais derrière cette atmosphère festive se cachent aussi les réalités d’un quotidien difficile.
Le combat quotidien de Maombi Saidi
Parmi les exposantes, Maombi Saidi incarne cette lutte quotidienne pour survivre. Assise sur son vélo tricycle, elle fait griller des épis de maïs qu’elle espère vendre pour subvenir aux besoins de ses enfants.
Son activité est modeste, mais pour elle, chaque vente compte.
« Je vous dis que la vie ne tient pas. Nous essayons différentes activités mais ça ne marche pas alors que nous avons des enfants. Je suis venu ici avec les maïs à vendre pour 20 000 francs congolais, mais c’est comme si je ne parviendrai pas à tout écouler… En tout cas ça ne va pas », raconte-t-elle, sereine.
Malgré les difficultés, Maombi Saidi refuse de céder au découragement. Comme beaucoup d’autres femmes vivantes avec handicap, elle cherche à gagner sa vie dignement.
« Que les autorités nous ramènent la paix pour que nous, femmes vivantes avec handicap, puissions trouver comment vivre sans aller mendier », ajoute-t-elle avec espoir.
La résilience des femmes du Nord-Kivu
Pour les défenseurs des droits des femmes, ces initiatives témoignent de la résilience remarquable des femmes dans la province. Présente à la foire, l’activiste Gladys Mubuya a parcouru les différents stands pour encourager les participants.
« La foire organisée aujourd’hui à Goma, c’est pour célébrer la résilience des femmes qui se trouvent dans différentes coins du Nord-Kivu. Malgré la situation, elles continuent à montrer leur force et leur courage », souligne-t-elle.
Selon elle, ces femmes travaillent dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la restauration ou d’autres activités génératrices de revenus, afin de soutenir leurs familles.
Mais leur message reste clair : sans une paix durable dans la région, leurs efforts resteront fragiles.
Des discussions sur les droits des femmes
En marge de la foire, des échanges ont également été organisés sur la situation des droits des femmes au Nord-Kivu. Ces discussions ont été portées sur les défis auxquels elles sont confrontées, notamment les violences basées sur le genre et les difficultés économiques.
Au-delà des stands et des produits exposés, l’histoire de Maombi Saidi rappelle que derrière chaque activité se cache une bataille quotidienne pour la dignité, la survie et l’espoir d’un avenir meilleur.






