Les Congolais ne rêvent plus, ils vivent la réalité en plein jour. Les Léopards de la RDC se sont qualifiés pour la Coupe du Monde 2026, au terme d’une âpre bataille remportée haut la main face à la Jamaïque en finale du barrage quailificatif au Mondial. Tout s’est joué entre deux nuit, deux jours et deux mois, bien loin de Kinshasa, terre des Léopards. Et pourtant, l’écho de cette qualification a retenti dans les rues de Kinshasa comme tel un tonnerre assourdissant, poussant de millions de personnes à sortir de leurs demeures pour célébrer. Célébrer, savourer, se réjouir d’un moment historique, attendu depuis plus de 5 décennies. Une euphorie débordante partout à travers la République et dans la diaspora. Le Grand Congo est de retour, de retour sur la plus scène du foot mondial. Mais que représente en vrai cette prouesse des Léopards pour le peuple et le foot congolais ?
Sujet de fierté absolue !
Revoir la RDC à la Coupe du Monde va au-delà d’une joie qu’efface un soir de célébration. C’est un sujet de fierté collective d’un peuple qui retrouve son sourire dans les jambes de son équipe nationale. Car dans cette génération, seulement peu de vivants peuvent raconter les souvenirs de la Coupe du Monde 1974, première et unique participation de la RDC. Cette longue attente nourrie d’espoir et parfois de tristesse et d’angoisse a donné au Mondial un diadème spécial au Congo, qu’il n’a pas ailleurs, dans les pays habitués à se qualifier. Pour les autres ce n’est qu’une qualification en phase finale d’une compétition que la RDC ne remportera même pas, pour les Congolais, en revanche, c’est un événement historique que les mémoires, même les plus fragiles n’oublieront pas.
Une unité nationale retrouvée
Ce n’est que du foot, dira-t-on, mais rien n’a mieux réuni les Congolais que le football. C’est le seul champ où ils parlent le même langage, transpirent la même émotion. Ces rues de la République inondées par des personnes dont ne connaît ni origine, ni niveau d’études, ni croyances religieuses sont l’expression de l’oubli temporaire de “qui je suis” au profit de “qui nous sommes”.
Tout le peuple s’identifie dans son équipe nationale sans distinction des d’origine, des partis politiques, ou d’âge. C’est ce moment qui fait perdre à l’adversité politique sa force, aux guerres ethniques et tribales leur puissance. L’évidence domine alors la raison sur le terrain de la fédération, de l’unité et de la communion. « Nous sommes tous Congolais et fiers de l’être » résonnent avec tendresse de la bouche des uns et des autres. Et c’est ici que le foot gagne, que le foot réconcilie.
Tant que les Léopards continueront à gagner, le peuple sera uni.
Une renaissance pour le foot congolais.
Pour le foot congolais, cette qualification est un nouveau souffle, une renaissance. En signant son retour à la Coupe du Monde, le Congo a retrouvé sa place d’autrefois. Signal d’un retour aux premiers rangs que personne ne veut jamais quitter après les avoir côtoyés. Les Léopards brisent ainsi un vieux plafond de verre ayant condamné l’équipe à se cataloguer comme suiveur des autres alors qu’elle pouvait être actrice. Ceci est un réveil d’un géant longtemps fragilisé de l’intérieur.
Qu’il soit ainsi à chaque édition !
Par Isaac BAMPENDE






