Lors d’une conférence organisée samedi 21 février à Kisangani, le Centre de recherche en langues et cultures étrangères a plaidé pour la promotion de l’usage de la langue maternelle en famille.
Cette démarche s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle.
Selon les intervenants, encourager la pratique des langues maternelles au sein des familles permet de préserver l’identité culturelle et de sauvegarder les langues locales menacées d’extinction, souvent retardées au profit des langues étrangères, notamment le français.
Les conférenciers ont démontré, à travers leurs exposés, les risques d’extinction qui pèsent sur de nombreuses langues congolaises. Ils estiment que si les familles — premier espace d’apprentissage — ne s’impliquent pas, ces langues disparaîtront, entraînant la perte des savoirs endogènes qui leur sont associés.
Le directeur par intérim du Centre, Nicolas Mombaya, a insisté sur cet enjeu :
« Si nous perdons nos langues, nous perdons aussi tout ce que nous avons comme richesses dans nos forêts. En conséquence, les enfants ne connaîtront plus les fonctions d’une espèce — telle plante sert à guérir telle maladie. Tous ces savoirs, nous ne pourrons plus les transmettre aux générations futures… »
Pour éviter la disparition progressive des langues maternelles congolaises, les conférenciers recommandent, en plus de leur usage en famille, de renforcer les recherches linguistiques à leur sujet.
La conférence a également exhorté les médias, les opérateurs culturels et les instances éducatives à contribuer à la valorisation des langues locales, notamment à travers une politique linguistique favorisant leur intégration dans l’enseignement.
Instituée en 1999 par l’UNESCO, la Journée internationale de la langue maternelle vise à promouvoir la diversité culturelle, le multilinguisme et la protection des langues en danger.






