La situation humanitaire est jugée « alarmante » à Mutshora et dans ses environs, dans le territoire de Beni (au Nord-Kivu). À la suite de pluies diluviennes survenues il y a une dizaine de jours, le responsable de la protection civile de la ville de Beni, Jean-Paul Kapitula, a lancé ce mercredi 4 mars un cri de détresse pour une assistance urgente en faveur des milliers de familles affectées.
De retour d’une mission d’évaluation à Mutshora (environ 60 km de Beni), la protection civile dresse un bilan matériel et humain lourd. Les interventions ont provoqué des dégâts majeurs, même touchant des infrastructures stratégiques comme le quartier général du secteur nord du Parc national des Virunga.
Un bilan humain et matériel lourd
Selon Jean-Paul Kapitula, les inondations ont frappé de plein fouet la vie quotidienne des habitants.
Il note de pertes en vies humaines : Une femme est décédée à Mutshora et trois personnes sont portées disparues dans la localité de Lume.
Plusieurs habitations ont été détruites. Environ 1 780 ménages sont touchés. Dans le détail, 22 maisons ont été totalement emportées par les eaux, tandis que 578 autres ont subi des dégâts sévères, fait savoir le responsable de la protection civile de la ville de Beni.
Il ajoute que cette catastrophe engendre une crise sanitaire inquiétante : plus de 150 latrines ont été exportées. Le système de captage d’eau potable alimentaire dans toute la zone a été détruit, entraînant une grave pénurie d’eau saine.
Menace sur la sécurité alimentaire
L’économie locale, essentiellement agricole, est sinistrée. Les eaux ont ravagé plus de 60 hectares de cultures, comprenant aussi bien des cultures vivrières que des cultures pérennes. Cette perte laisse présager une crise alimentaire pour les mois à venir si aucune semence ou aide n’est fournie aux agriculteurs.
« Ces eaux ont fait un ravage et la situation est alarmante. Il est très important que ces populations soient accompagnées et assistées », a déclaré Jean-Paul Kapitula.
Appel à une intervention urgente
La protection civile appelle les autorités provinciales, nationales ainsi que les organisations humanitaires à intervenir sans délai. Les besoins prioritaires identifiés concernent :
La réhabilitation urgente du captage d’eau potable pour éviter les maladies hydriques.
La fourniture d’abris et de kits de première nécessité pour les familles dont les maisons ont été détruites.
Une assistance alimentaire et un appui à la relance agricole.
À ce jour, les sinistres de Mutshora et de Lume restent livrés à eux-mêmes, attendant que la solidarité nationale et internationale se manifeste pour pallier cette catastrophe naturelle.






