Plus de deux cents véhicules transportant du carburant sont immobilisés depuis le mercredi 4 mars au poste douanier d’Anzida, dans le territoire de Mahagi, à environ 165 kilomètres au nord‑est de Bunia (Ituri).
En cause : une grève spontanée déclenche par des chauffeurs étrangers, principalement kényans et somaliens, après l’assassinat de l’un des leurs par un homme en uniforme sur le tronçon Nioka–Djugu, le long de la route nationale 27.
Les chauffeurs dénoncent l’insécurité permanente sur la RN27
Les routiers dénoncent une insécurité persistante dont ils se disent régulièrement victimes entre Mahagi et Bunia :
assassinats, rackets, demandes de rançons, intimidations par des hommes armés, parfois « en état d’ivresse ».
L’un de leurs représentants témoigne :
« L’armée, c’est pour notre sécurité, on ne refuse pas. Mais cette sécurité doit être bien assurée. On stoppe les véhicules pour exiger de l’argent. En cas de résistance, on brandit l’arme sur toi et l’autre monte sur le véhicule ».
Les grévistes exigent le rétablissement immédiat de la sécurité sur cet axe crucial pour le ravitaillement de toute la province de l’Ituri en carburant.
Rencontrés vendredi 6 mars par l’administrateur militaire du territoire de Mahagi, le colonel Jacques Disanoa, les chauffeurs ont reçu l’assurance que des mesures sécuritaires renforcées seront mises en place.
Le colonel promet notamment des escortes militaires pour accompagner les convois depuis Djugu jusqu’à Bunia, la portion la plus dangereuse du trajet.
Carburant : flambée des prix à Bunia
Alors que les camions-citernes remplis de carburant restent bloqués, les conséquences se font déjà sentir dans la capitale provinciale.
En seulement 48 heures, le prix du carburant a bondi de 3 000 FC à 4 000 voire 5 000 FC le litre.
Vendredi, plusieurs stations-service ont été prises d’assaut par des automobilistes cherchant à constituer des réserves, craignant une pénurie totale si la situation ne se débloque pas rapidement.






