Environ 206 femmes et jeunes filles atteintes de fistules obstétricales ont été exploitées en 2025 au centre hospitalier de Rwankole, situé à Bunia, en province de l’Ituri.
Le médecin directeur de cette structure sanitaire, le Dr Claude Idringi, a dévoilé ces statistiques, vendredi 30 janvier dernier lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment entièrement dédié à la prise en charge des femmes souffrant de cette pathologie.
Un centre moderne pour une prise en charge digne
Cette nouvelle bâtisse dont le coût rapporte à 220 000 dollars américains va améliorer les conditions d’accueil et de traitement des patients.
Elle dispose d’une capacité d’accueil de 26 lits et comprend notamment des salles pré et post-opératoires, des chambres privées, une salle de consultation, un bureau administratif, un dépôt ainsi que des annexes sanitaires.
Selon les responsables de cet établissement hospitalier, cette infrastructure répond à un besoin crucial dans une région où de nombreuses femmes souffrent encore en silence de complications liées à l’accouchement.
En dix ans, le centre hospitalier de Rwankole a déjà permis la réparation chirurgicale de plus de 2 800 femmes atteintes de fistules obstétricales.
Une pathologie aux lourdes conséquences sociales
Le Dr Claude Idringi rappelle que la fistule obstétricale est généralement provoquée par un accouchement prolongé, difficile ou bloqué. Elle se caractérise par une communication anormale entre les voies urinaires ou digestives et les voies génitales, entraînant des pertes incontrôlées d’urine ou de selles.
Au-delà des conséquences médicales, cette pathologie expose les femmes concernées à une stigmatisation sociale, allant parfois jusqu’au rejet familial et conjugal.
« C’est pour cette raison que nous avons voulu un bâtiment séparé, offrant un minimum de confort et de dignité à ces femmes. Elles sont souvent abandonnées ou négligées à cause de leur handicap. Lorsqu’elles arrivent ici, elles doivent se sentir prises en charge non seulement médicalement, mais aussi socialement », explique le médecin directeur.
À travers cette nouvelle infrastructure, le centre hospitalier de Rwankole entend ainsi redonner espoir et dignité à des centaines de femmes, tout en renforçant la lutte contre la fistule obstétricale en Ituri.






