Une enquête menée par l’organisation locale « Actions pour la protection civile et le développement » (APCD) et dont les résultats ont été rendus publics lundi 2 mars 2026, révèle une crise sanitaire majeure dans le territoire de Rutshuru. En l’espace de sept mois seulement, près de 1 000 personnes ont perdu la vie à cause du VIH, illustrant une défaillance profonde du système de prévention et de prise en charge dans cette zone de conflit.
Selon le monitoring effectué par l’APCD, la courbe de mortalité liée au VIH a atteint un niveau qualifié de « terrifiant » par les acteurs de terrain. Cependant, ces chiffres ne sont pas encore confirmés par les sources médicales locales.
Une zone de santé en détresse
L’enquête a couvert les zones de santé de Rwanguba, Rutshuru, Binza, Bukombo et Birambizo. Le bilan est lourd : au moins 1 000 décès documentés entre février et août 2025.
Pour Innocent Tuyisabe, secrétaire exécutif de l’APCD, plusieurs facteurs expliquent cette explosion de la mortalité :
- Le contexte de guerre : les violences sexuelles massives faites aux femmes et aux filles dans les zones de conflit agissent comme un vecteur de propagation du virus,
- La rupture des soins : la coupure de certaines aides humanitaires a aggravé la vulnérabilité des malades, interrompant souvent l’accès aux traitements antirétroviraux,
- L’absence de dépistage : l’accès aux tests reste extrêmement limité pour les populations déplacées ou enclavées.
Prévention
Une mission de suivi effectuée fin février dans les aires de santé de Kako, Kalengera, Rubare et Ruseke a révélé un constat encore plus inquiétant : les méthodes de prévention de base restent largement méconnues des communautés locales.
« Les méthodes de prévention restent un mystère pour les habitants. Sans une intensification urgente de la sensibilisation et une prise en charge adéquate, nous courons vers une catastrophe humanitaire plus grande encore cette année », alerte Innocent Tuyisabe au micro de Rosalie Zawadi.
Appel à une intervention d’urgence
Face à cette « bombe à retardement » sanitaire, l’organisation APCD interpelle le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) ainsi que les partenaires internationaux affirment que l’urgence est triple, et précisent qu’il faut :





