En plein mois de Ramadan, la province du Maniema, considérée comme le berceau de l’islam en République démocratique du Congo, vit au rythme du jeûne, de la prière et de la solidarité communautaire. Mais cette période n’est pas seulement spirituelle : elle représente aussi une opportunité économique pour de nombreux véritables petits commerçants de Kindu et d’ailleurs.
Chaque soir, les fidèles musulmans rompent le jeûne avec un repas simple, souvent composé de produits locaux. Cela entraîne une forte demande pour plusieurs denrées de base :
bananes et bananes plantains, manioc, patates douces, arachides, farines (maïs, blé, soja), sucre.
Cette dynamique est confirmée par Salufa Tantine, vendeuse au marché local :
« Nous vendons tout ce qui permet aux musulmans de rompre leur jeûne : sucre, soja, farine de maïs… Le mois de Ramadan est pour nous un mois d’affaires. Il y a des changements dans notre manière de vendre. Mais nous constatons que l’argent ne circule pas vraiment, car beaucoup de musulmans reçoivent des dons, et les autres achètent petit à petit ».
Son témoignage reflète l’adaptation que les vendeurs sont obligés de faire durant cette période : ajustements des stocks, horaires prolongés et nouvelles stratégies pour répondre à la demande du soir, moment crucial pour les acheteurs musulmans.
Autour des mosquées, une activité commerciale intense
Devant la mosquée centrale de Kindu, l’ambiance est tout aussi animée. Les fidèles s’y provisionnent juste avant la rupture du jeûne.
Bijoux Nyota, vendeuse de manioc et de bananes, confirme la hausse de fréquentation :
« En ce mois de Ramadan, les femmes musulmanes achètent surtout des bananes, du manioc et des bananes plantains ».
Ces produits sont essentiels pour préparer des repas simples et rapides, souvent consommés en famille ou partagés avec les voisins, dans l’esprit traditionnel de convivialité et de générosité du Ramadan.
Forte demande, mais prix stables
Malgré la hausse significative de la demande, un fait surprenant : les prix restent stables. Cette stabilité contribue à préserver le pouvoir d’achat des familles, dans un contexte économique déjà fragilisé
En ce Ramadan, entre obligations religieuses et réalités économiques, chacun trouve son équilibre, faisant de ce mois sacré un moment unique de cohésion sociale.






