Rapport –
La gouvernance en Afrique a arrêté de progresser
La Fondation Mo Ibrahim se désole de l’arrêt des progrès en matière de gouvernance en Afrique lors de la dernière décennie.
Publié aujourd’hui à 02h54
Une série de coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest et centrale a souligné la fragilité du processus politique. (Image prétexte)
AFP
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Les progrès en matière de gouvernance en Afrique se sont arrêtés sous l’effet de la dégradation sécuritaire et du paysage démocratique dans de nombreux pays du continent, selon un rapport de la Fondation Mo Ibrahim publié mercredi.
« L’Afrique a fait de grands progrès au cours des premières années de ce siècle mais sur les dix dernières années, nous avons constaté très peu de progrès et sur les cinq dernières années, la situation a commencé à stagner et même à se dégrader dans certains cas», a souligné auprès de l’AFP Mo Ibrahim, le président de la fondation.
Créée en 2006, cette fondation produit des données et des analyses sur les enjeux du continent africain. Son rapport semestriel, publié depuis 2007, est considéré comme l’aperçu le plus complet, rassemblant des données sur 322 variables, dont les services publics, la justice, la corruption et la sécurité.
Série de coups d’État militaires
Son dernier rapport relève des progrès de gouvernance dans 33 pays de 2014 à 2023. Mais pour les 21 autres restants, «la situation est pire» aujourd’hui qu’en 2014. Les Seychelles détrônent l’île Maurice pour la première place du classement , grâce à des améliorations notables dans plusieurs domaines, notamment les infrastructures, l’égalité hommes-femmes, la santé et l’éducation.
À l’inverse, certains pays comme le Soudan, le Soudan du Sud et l’Éthiopie ont été confrontés à des conflits dévastateurs au cours des dix dernières années tandis qu’une série de coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest et centrale a souligné la fragilité du processus politique.
Les confinements sanitaires dus à la pandémie de Covid-19 et la tendance mondiale vers une « politique de l’homme fort » pourraient avoir enhardi les autocrates, estime Mo Ibrahim.
«Camisole de force financière»
Mais sa plus grande préoccupation concerne la « camisole de force financière » dans laquelle les pays africains sont coincés en raison du lourd fardeau de la dette et du prix élevé qu’ils doivent payer pour accéder aux liquidités des prêteurs mondiaux.
«C’est circulaire», juge-t-il: «Lorsque vous n’avez pas assez d’argent pour construire des infrastructures, pour vous occuper de la santé ou de l’éducation, vous devez perdre le contrôle et cela affecter la sécurité».
Il souligne la nécessité de réformer les institutions mondiales de prêt ainsi que d’une meilleure formation technique pour la vaste population de jeunes africains. Le rapport relève que «de façon préoccupante, malgré les progrès observés dans plusieurs domaines essentiels, les perceptions des citoyens témoignent d’une insatisfaction croissante».
En dépit d’un tableau général assez sombre, Mo Ibrahim trouve des motifs d’espoir dans la jeune génération africaine. «Ils sont mieux informés, plus entrepreneurs et ils en ont assez».
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