La frustration grandit chez les abonnés du bouquet français Canal Plus à Bunia, en Ituri. En cause : un signal qui disparait au moindre nuage, laissant les écrans noirs alors que les compteurs d’abonnement, eux, continuent de tourner. Entre accusations d’« arnaque » et justifications techniques, le fossé se creuse.
Des clients de Canal Plus interrogés mercredi 8 avril, déplorent que c’est un scénario qui se répète à chaque saison des pluies. À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, comme dans d’autres ville de la RDC, posséder un abonnement Canal+ ne garantit plus l’accès permanent aux programmes. Dès que le ciel s’assombrit, ajoutent ces abonnés, ou que le vent se lève, le message « perte de signal » devient le quotidien de milliers de foyers, de bars et de maisons de projection.
Un service jugé de « mauvaise qualité » par les usagers
Pour de nombreux abonnés, la pilule est difficile à avaler. Payer un service premium (50 USD) pour se retrouver devant un écran noir dès la première goutte de pluie est perçu comme une injustice, voire une ‘’exploitation”.
« Il suffit du moindre nuage pour perdre le signal. S’il pleut pendant une heure, vous n’avez plus rien », s’indigne Luc Mukuna, un abonné de Bunia.
Ce dernier n’hésite pas à comparer l’opérateur à la concurrence : « Canal+ doit améliorer ses services, comme le fait par exemple DSTV. C’est dérangeant quand on a payé pour un service de mauvaise qualité. »
Ce sentiment d’« arnaque » est renforcé par une comparaison internationale : certains usagers soulignent qu’en Europe, notamment en France, le signal reste stable malgré des conditions météo parfois plus rudes.
La défense des distributeurs de Canal Plus : une question de maintenance
Face à ces plaintes, les distributeurs locaux tentent de temporiser. Pour eux, le problème n’est pas structurel au bouquet, mais lié à l’entretien du matériel individuel.
Les fortes pluies et les vents violents peuvent, selon eux, déréglér la parabole ou endommager le capteur de l’antenne, connu sous le non technique de la tête LNB.
« Si vous avez une perte de signal, venez, nous allons vous apporter la solution », rassure Jolie Loshola, distributrice à Bunia, tout en recommandant l’intervention de techniciens agréés pour optimiser les installations privées.
Un problème qui s’étend dans d’autres villes
Le malaise n’est pas qu’iturien. D’autres villes de la RDC sont également affectées.
À Kinshasa et à Lubumbashi par exemple, le constat est identique. Les abonnés interrogés déplorent que les interruptions durent parfois plusieurs heures, impactant non seulement le divertissement familial mais aussi l’économie locale, notamment pour les tenanciers de terrasses et de centres de diffusion de matchs de football qui voient leur clientèle déserter faute d’image.






