Le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a réagi lundi 23 mars aux démissions de Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo de leurs postes au sein des bureaux du Parlement. Dans une déclaration officielle, il dénonce une dérive au sommet de l’État et un malaise profond lié à la liberté d’expression en République démocratique du Congo.
Selon le docteur Denis Mukwege, ces départs traduisent des tensions autour du débat sur la révision constitutionnelle. Il évoque une « inversion des rôles » au sein des institutions, affirmant que les parlementaires subiraient des pressions de l’exécutif au lieu d’exercer leur rôle de contrôle.
Appel à la responsabilité des députés
Pour Marius Mubalama, analyste socio-politique proche de Denis Mukwege, ce message est une interpellation directe à la dignité des élus :
- Représentation du peuple : les députés sont rappelés au sens de la dignité liée à leur fonction de représentants de la population.
- Unité nationale : alors que le pays fait face à une agression extérieure, l’analyste estime qu’ouvrir un front interne sur le changement de la Constitution risque de diviser les Congolais.
Mise en garde contre les « tambourinaires »
Dans sa déclaration, Denis Mukwege exhorte le Président de la République, Félix Tshisekedi, à ne pas suivre ceux qu’il qualifie de « tambourinaires ». Il accuse ces acteurs politiques de privilégier des intérêts personnels au détriment de la Nation.
Marius Mubalama rappelle que certains de ces conseillers avaient déjà poussé l’ancien président Joseph Kabila dans une démarche similaire de changement constitutionnel avant de l’abandonner. « Ils reviennent encore aujourd’hui pour mettre des bâtons dans les roues du président Tshisekedi en lui proposant la même démarche », prévient-il, appelant à une prise de conscience nationale.






