L’office de gestion de frets multimodal (Ogefrem), dirigé par William Kazumba Mayombo, a signé, ce lundi 1er décembre,un contrat de concession historique avec Yellowstone, un consortium sud-africain, pour la construction et l’exploitation du port sec de Kasumbalesa (PSK) dans le Haut-Katanga. La cérémonie, organisée à l’hôtel Hilton de Kinshasa, a été présidée par le vice-Premier ministre en charge des transports, Jean-Pierre Bemba Gombo.
Un projet structurant, au cœur des flux régionaux
Situé à la frontière entre la RDC et la Zambie, Kasumbalesa est l’un des points névralgiques du commerce entre l’Afrique australe et le cœur du continent. Le futur PSK ambitionne de devenir la principale plateforme logistique des cargaisons en provenance de sept ports maritimes majeurs : Mombassa, Dar-es-Salam, Beira, Durban, Walvis Bay, Lobito et Luanda.
Pour l’Ogefrem, ce projet représente un accélérateur important. Avec un investissement de près de 600 millions USD, le consortium développera une plateforme moderne de 62 hectares, dans un modèle BOT (Build-Operate-Transfer) d’une durée de 23 ans.
« Une étape historique pour la RDC »
Dans son allocution, le directeur général de l’Ogefrem, William Kazumba, a exprimé son enthousiasme : « Ce partenariat public-privé marque une étape historique pour la République et pour notre Office », a-t-il déclaré, rappelant que l’idée du port sec remonte à 2005 mais n’avait jamais abouti jusqu’ici.
Le processus, a-t-il insisté, a été conduit dans la rigueur, selon la loi sur le partenariat public-privé (PPP) et validé par l’unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé (UC-PPP) et la direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).
« Le port sec de Kasumbalesa vise à désengorger la frontière, fluidifier les échanges et améliorer la compétitivité du fret congolais. Il offrira une capacité annuelle de 30 millions de tonnes, le traitement de 2 500 camions/jour, des parkings pour 2 000 véhicules, un dépôt stratégique de 40 millions de litres, un entrepôt pharmaceutique, des services logistiques intégrés, ainsi qu’une interconnexion aux systèmes douaniers (SYDONIA World, GUICE RDC, ICE Borders) », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le VPM Jean-Pierre Bemba a souligné que le PSK s’inscrit dans une vision globale de repositionnement de la RDC comme hub logistique régional.
« Ce contrat s’inscrit dans l’orientation stratégique du Chef de l’État visant à renforcer les infrastructures logistiques comme vecteur d’émergence », a souligné Jean-Pierre Bemba. Selon lui, le port sec générera plus de 1 milliard USD d’avantages économiques cumulés, auxquels s’ajoutent 123 millions USD de gains liés à l’amélioration de la sécurité routière.
Le futur visage du port sec : capacité XXL et services intégrés
Le PSK se distingue par une combinaison d’espaces et de services pensés pour absorber les flux croissants du corridor sud. Il comptera trois types d’entrepôts : hors douane extensible, sous-douane extensible, zone de quarantaine et stock de sécurité, avec une capacité de 2.000 camions dans ses parkings, un dépôt d’hydrocarbures, une caserne de sapeurs-pompiers, trois dortoirs pour plus de 1.000 employés, une réserve foncière sur la RN1 destinée à une station-service et des commerces.
En combinant l’ouverture du corridor de Banana, le PSK et la stratégie de facilitation logistique portée par l’Ogefrem, la RDC devrait bénéficier notamment de 2.000 emplois directs, 5.000 emplois indirects, d’une baisse notable des coûts logistiques, et d’un renforcement de la compétitivité des opérateurs nationaux.






