La décision du gouvernement congolais d’accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis suscite une vive controverse en République démocratique du Congo. La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a été interpellée mardi 7 avril à l’Assemblée nationale pour fournir des éclaircissements sur ce projet.
Le Parlement exige des explications
À l’initiative de cette démarche, le député Emile Sumaili Miseka souhaite obtenir des réponses précises avant toute mise en œuvre de l’accord évoqué avec les États-Unis.
L’élu de Shabunda au Nord-Kiu et membre de l’Union sacrée de la nation, soulève plusieurs préoccupations majeures : la durée de séjour des migrants, les lieux d’accueil ainsi que les garanties sécuritaires.
« Combien de temps ces étrangers vont-ils rester sur notre sol ? Où seront-ils logés ? Dans quelle province et dans quelle ville ? », s’interroge-t-il, évoquant également les défis sécuritaires et humanitaires déjà présents dans le pays.
Le député rappelle par les expériences passées de la RDC en matière d’accueil d’étrangers, qu’il juge aujourd’hui lourdes de conséquences, notamment dans l’est du pays.
L’opposition s’inquiète
Dans la foulée, Christian Mwando, président du groupe parlementaire de l’opposition Ensemble pour la République, a également saisi l’Assemblée nationale d’une question d’actualité sur le même dossier.
Cette double interpellation illustre les inquiétudes croissantes au sein de la classe politique face à un projet jugé raisonnable, tant sur le plan sécuritaire que social.
Un « fardeau » jugé insupportable pour le pays
Au-delà de l’hémicycle, la contestation s’étend à la société civile. À Kinshasa, la plateforme des Forces vives s’oppose fermement à cette initiative gouvernementale.
Son porte-parole, Jean-Bosco Lalo, appelle à un rejet pur et simple du projet, qu’il considère inadapté au contexte actuel.
« Dans un pays déjà confronté à des crises sécuritaires, humanitaires et sociales, cette mesure est inopportune et potentiellement dangereuse pour l’avenir », affirme-t-il.
La société civile dénonce également le manque de transparence autour de cette décision. Ni le nombre de migrants concernés, ni leurs nationalités, ni les modalités de leur séjour en RDC ne sont clairement établis.
Un flou persistant sur les modalités
Le principal point de friction réside dans l’opacité entourant le protocole d’accord signé avec Washington. À ce jour, ni le nombre de migrants concernés, ni leurs nationalités, ni le mécanisme de leur départ définitif de la RDC n’ont été officiellement communiqués.
« Comment un gouvernement incapable de maîtriser le nombre exact de ses citoyens pourrait-il consentir à un tel projet ? », s’interroge Jean-Bosco Lalo, pointant un risque d’aggravation des tensions sociales et sécuritaires.
La ministre d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner, est désormais attendue au tournant. Son audition devant les députés sera déterminante pour l’avenir de ce partenariat migratoire avec les États-Unis.
Alors que la RDC fait déjà face à des défis majeurs, notamment la gestion des déplacements internes, cette initiative soulève des interrogations sur la capacité du pays à accueillir de nouveaux migrants dans des conditions adéquates, selon la société civile.
Sous la pression conjuguée des parlementaires et de la société civile, la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner est désormais attendue pour apporter des réponses claires sur un dossier qui continue de faire débat.






