Trois mois après la fermeture du site, une mission d’évaluation de l’ONU dépêchée mardi 3 mars à Amee, territoire de Mahagi (Ituri) dresse un constat encourageant. Elle a constaté la consolidation de la cohabitation entre les communautés Alur et Lendu et la reprise de l’activité économique.
L’objectif de cette mission était d’analyser la stabilité de la zone après le départ des casques bleus et d’évaluer la solidité des mécanismes locaux de résolution de conflits.
Relance des échanges commerciaux et mixité scolaire
L’un des indicateurs les plus forts de cette accalmie est le retour de la confiance entre les communautés autrefois antagonistes. Les élèves et les enseignants fréquentent à nouveau les mêmes établissements scolaires sans crainte.
Sur le plan économique, le centre commercial d’Amee revit grâce aux échanges entre groupements voisins.
« Nos frères du groupement voisin viennent se ravitailler en produits comme du savon, du sel ou des caisses de bière. En retour, nous ramenons des produits vivriers tels que des cossettes de manioc, de la pomme de terre ou du haricot », a témoigné Ucai Uzele, opérateur économique local.
Le défi de la circulation des armes
Malgré ce tableau positif, la situation demeure fragile. Le principal point d’ombre reste la détention illégale d’armes à feu par certains jeunes dans la zone. Les autorités coutumières craignent que cette présence d’armes ne vienne saboter les efforts de paix durement acquis.
Pour le chef coutumier Dhekana Ayuba, la solution passe par une prise en charge institutionnelle rapide de ces jeunes détenteurs d’armes :
Accélération du PDDRCS : Le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation est attendu pour réintégrer ces jeunes dans la vie civile.
Réserve Armée de Défense : Une structuration claire est demandée pour canaliser ceux qui souhaitent servir sous le drapeau.
« Si ces jeunes gens qui ont des armes sont pris en charge, cela pourra soulager la population et consolider cette dynamique positive », plaide Dhekana Ayuba.
Un modèle de résilience pour l’Ituri ?
Alors que plusieurs zones de l’Ituri restent en proie à l’insécurité, l’exemple de Mahagi offre une lueur d’espoir. La population appelle désormais le gouvernement central à renforcer sa présence administrative et sécuritaire pour transformer cette accalmie de trois mois en une paix durable et définitive.






