Pièces jointes
Résumé analytique
Depuis 2021, l’est de la République Démocratique du Congo a connu une forte escalade des violences sexuelles liées aux conflits, qui a exacerbé les souffrances causées par des décennies d’affrontements, provoquées par des tensions régionales entre divers groupes armés et des luttes pour de précieuses ressources minérales. La réémergence du groupe rebelle du Mouvement du 23 mars (M23) en 2021 a alimenté la crise, entraînant des déplacements de populations de massifs, un système de santé affaibli, une véritable insécurité alimentaire et une augmentation alarmante des violences sexuelles et sexistes. Le retrait des forces de maintien de la paix telles que la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et la Force Régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC-RF) a entraîné des préoccupations quant à une nouvelle escalade sidérants de la crise humanitaire
La recrudescence de la violence et les déplacements de populations qui y sont associés ont mené à des niveaux sidérants de violence sexuelle, avec les Nations Unies signalant plus de 113 000 cas enregistrés en 2023. Les cas documentés de violences sexuelles liées au conflit ont plus que doublé dans la première moitié de 2024, en comparaison avec la même période en 2023. Les agents de santé locaux ont joué un rôle central dans la réponse pour soutenir les survivant(e)s de violences sexuelles en fournissant des soins médicaux et de santé mentale , y compris à travers la documentation médico-légale de violences sexuelles.
Cependant, le conflit a mis à rude épreuve le système de santé de la RDC, qui souffre déjà d’un manque de ressources et de personnel. Les attaques contre les établissements de santé ont réduit l’accès aux services essentiels, en particulier pour les survivant(e)s de violences sexuelles et sexistes. Le conflit en cours a également augmenté l’incidence des maladies transmissibles, notamment le Mpox (anciennement variole du singe) – déclaré urgence de santé publique de portée internationale par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en août 20245 – dans les camps de personnes déplacées du pays, qui se multiplient. La capacité du système de santé de la RDC à répondre aux violences sexuelles et sexistes a été compromise, de nombreux et nombreuses survivant(e)s ne pouvant ou ne voulant pas se faire soigner en raison de la stigmatisation, des fermetures d’établissements et de la crainte de nouvelles violences.
Dans ce rapport, Physicians for Human Rights (PHR) documente les violences sexuelles liées au conflit ayant pour cible des adultes et des enfants dans l’est de la RDC. Ces résultats sont exploités sur des entretiens semi-structurés avec 16 professionnels de santé et travailleurs humanitaires dans les zones touchées par le conflit au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Ces entretiens détaillent les expériences du personnel de santé alors qu’ils fournissaient des soins aux survivant(e)s, et ce, en utilisant une méthodologie de recherche centrale sur les survivant(e)s.
Les professionnels de santé ont signalé un « afflux massif de cas » de violences sexuelles liées aux conflits chez les adultes et les enfants. Les survivant(e)s ont souvent cherché à se faire soigner à la suite de rencontres très violentes avec des groupes armés, notamment des agressions sexuelles impliquant plusieurs auteurs armés, des pénétrations avec des objets étrangers et une captivité forcée. Le bilan physique et émotionnel des survivant(e)s est complexe et durable. Les survivant(e)s se sont présentés dans des établissements de santé avec des besoins médicaux et psychologiques, notamment pour traiter des lacérations, des infections sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées, de l’incontinence, de la paralysie, des troubles de stress. post-traumatique, de la dépression et des retards de développement. En décrivant les traumatismes complexes observés dans sa clinique, un travailleur de la santé a rapporté que les survivant(e)s






