Vingt-trois ans après l’attaque sanglante ayant coûté la vie à plus de deux cents civils, un mémorial a été inauguré mardi 24 février à Bogoro, localité située à 25 kilomètres de Bunia (Ituri).
Financée par le Fonds au profit des victimes de la Cour Pénale Internationale (CPI), l’érection de cette stèle se veut un symbole de résilience et un rempart contre l’oubli.
Symbole de paix pour les générations futures
Pour les survivants, ce geste dépasse la simple pierre. Samson Bahoiere, représentant des victimes, y voit un message spécifique à toute la province :
« Puissent ces monuments rappeler à tous que, même face aux épreuves les plus difficiles, la solidarité internationale et la volonté commune peuvent faire naître des symboles d’espoir. Nous souhaitons que cela inspire les générations futures à œuvrer pour la paix ».
La mémoire comme forme de justice
Au-delà de la réparation matérielle, ce mémorial s’inscrit dans un processus de justice transitionnelle. Deborah Ruiz Verduzco, directrice exécutive du Fonds au profit des victimes, a souligné que la reconnaissance de la souffrance est une étape cruciale pour la guérison.
« Ce monument est le témoignage de la résilience des survivants. Il rappelle que la justice ne se limite pas aux décisions judiciaires, mais qu’elle s’inscrit également dans la reconnaissance et la transmission de la mémoire », at-elle déclaré.
Rappel des faits judiciaires
Les massacres de Bogoro ont été au cœur d’un long processus devant la justice internationale à La Haye.
Germain Katanga : Ancien chef de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), il a été condamné en 2014 par la CPI à 12 ans de prison pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Mathieu Ngudjolo Chui : Également poursuivi dans cette affaire, il a été acquitté par la Cour faute de preuves suffisantes.
Ce monument à Bogoro reste désormais un lieu de recueillement permanent, rappelant au monde le prix de la violence et l’impératif de la coexistence pacifique en Ituri.
Le 24 février 2003 reste l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’Ituri. Ce jour-là, des miliciens attaquaient le village de Bogoro, commettant des massacres à grande échelle qui allaient marquer durablement le conflit interethnique dans la région. Mardi, autorités provinciales, représentants de l’ambassade d’Allemagne et responsables de la CPI se sont recueillis sur le lieu même du drame pour dévoiler ce monument.






