La justice belge a ordonné, mardi 17 mars, le renvoi en procès d’un ancien diplomate belge, Étienne Davignon, 93 ans, soupçonné de s’être impliqué dans l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961.
Selon une dépêche de l’Agence France‑Presse (AFP), cette décision, susceptible d’appel, a été rendue à huis clos par une juridiction d’instruction à Bruxelles. Le parquet fédéral a confirmé ce renvoi, annoncé à la presse par l’avocat Christophe Marchand, qui représente les descendants du héros de l’indépendance congolaise.
Ce procès pourrait se tenir au plus tôt en janvier 2027, selon plusieurs sources.
Jamais un procès pénal n’a été organisé sur cet épisode sombre des relations entre le Congo, devenu indépendant en juin 1960, et son ancienne puissance coloniale, la Belgique.
Premier chef du gouvernement du Congo indépendant (l’actuelle République démocratique du Congo), Patrice Lumumba avait été démis de ses fonctions dès la mi-septembre 1960 par le président Joseph Kasa-Vubu, une décision qu’il avait contestée.
Arrêté puis transféré dans la région sécessionniste du Katanga (Sud), Lumumba fut exécuté le 17 janvier 1961 par des séparatistes avec l’appui de mercenaires belges.
Il n’avait que 35 ans.
Étienne Davignon est considéré comme le seul protagoniste encore vivant pouvant répondre d’une éventuelle responsabilité pénale, parmi la dizaine de fonctionnaires, policiers ou agents de renseignements belges initialement visés dans une plainte déposée en 2011 à Bruxelles par les enfants de Lumumba.
Cet ancien diplomate et haut fonctionnaire belge, aujourd’hui âgé de 93 ans, conteste les faits qui lui sont reprochés.






