Dans les rues de Kinshasa, le commerce ambulant de thé et de café s’impose de plus en plus comme une activité quotidienne. Il commence très tôt le matin et se poursuit, dans certains quartiers, parfois jusqu’à tard dans la nuit. Dès les premières heures de la journée, des hommes et des femmes poussant des chariots surmontés d’un parapluie envahissent les artères les plus fréquentées de la ville.
À l’intérieur de leurs chariots : de grands thermos remplis de thé et de café, des bols de sucre et de lait en poudre, des tasses ainsi que des cuillères à usage unique.
Vendeurs et clients se retrouvent généralement aux abords des grandes artères et des arrêts de bus.
Pour de nombreux Kinois, ces boissons chaudes représentent une solution pratique pour démarrer la journée, surtout pour ceux qui n’ont pas le temps de prendre un petit-déjeuner à domicile, car obligés de sortir très tôt pour éviter les embouteillages légendaires de la capitale congolaise.
À la place Kintambo Magasin, tasse en carton fumante en main, un homme debout à côté d’un chariot explique :
« Moi, je consomme ce café de la rue parce que mon épouse n’a pas le temps de m’en faire le matin, je quitte la maison aux petites heures du jour. »
Du côté des vendeurs, cette activité constitue bien plus qu’un simple commerce : c’est un moyen de survie.
« Ce petit commerce est avantageux car il me permet de boucler mes fins de mois », témoigne un vendeur.
Cependant, derrière cette opportunité économique, des inquiétudes persistent. Plusieurs médecins pointent du doigt les conditions d’hygiène douteuses dans lesquelles ces boissons sont préparées et vendues, alertant sur les risques encourus.
Selon le Dr Kipassa, spécialiste en santé publique interrogé par Radio Okapi, la consommation de ces boissons peut exposer les consommateurs à diverses maladies, notamment des infections diarrhéiques, en raison du manque de contrôle sanitaire. Il explique que bien qu’étant chauffé, l’eau contenue dans les thermos n’est pas sans danger.
« Cette pratique peut favoriser la transmission de maladies. Les vendeurs peuvent dire qu’ils ont de l’eau bouillie. Mais la question sera à quelle température? Parce que dans les maladies diarrhéiques d’origine alimentaire, on aura l’Escherichia coli, les amides, le bacille tétanique. Il y a un bacille tétanique qui est résistant et qui crée ce que nous appelons en jargon médical la toxine d’infection alimentaire. » alerte-t-il.
Malgré ces préoccupations, le café de rue continue de séduire et de se développer, illustrant à la fois le dynamisme du secteur informel et les défis sanitaires auxquels la ville reste confrontée.






