Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi a remis à l’Église catholique de RDC, le 24 octobre, un chèque de 2,5 millions de dollars (2,16 millions de CHF). Il s’agit du premier versement de 4 millions de dollars de dédommagement pour des biens de l’Eglise endommagés pendant «la guerre de six jours» dans la province de Tshopo, dont le chef-lieu est la ville de Kisangani, dans le Nord -Est de la RDC.
Ibrahima Cissé, pour cath.ch
En 2000, la ville de Kisangani, avait été le théâtre de violents affrontements entre les forces rwandaises et ougandaises. Ces deux armées étrangères, qui avaient envahi l’Est de la RDC, s’étaient affrontées pour le contrôle de Kisangani et de ses ressources naturelles. Ces violents combats avaient provoqué la mort de plus d’un millier de civils, faisant également plusieurs centaines de blessés, et entraînant d’importants dégâts matériels.
Des écoles, des paroisses et d’autres biens de l’Église catholique ont été endommagés lors de ces troubles, a déclaré l’évêque auxiliaire du diocèse de Kisangani, Mgr Leonard Ndjadi Ndjate, en recevant le chèque.
Contrôle des mines de diamant de la province
La «guerre de six jours» de Kisangani a été l’un des épisodes les plus sanglants de la deuxième guerre du Congo (1998-2003). Elle a eu lieu du 5 au 10 juin 2000, opposant les armées du Rwanda et de l’Ouganda, au centre-ville de Tshopo, en territoire congolais. Le conflit avait pour but le contrôle des mines de diamant de la province.
Par la suite, la Cour internationale de justice (CIJ), dans un jugement rendu le 22 février 2022, a condamné l’Ouganda à verser 325 millions de dollars à la RDC pour les dommages causés lors de son intervention militaire entre 1998 et 2003. Elle a également ordonné au Trésor public de l’Ouganda de verser à la RDC chaque année jusqu’au 1er septembre 2026, 65 millions de dollars. La Cour s’est par contre déclarée «incompétente» pour le cas du Rwanda.
Le président Tshisekedi a remis le chèque à l’Eglise, lors d’une visite au siège du Fonds de réparation des indemnisations des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Il s’était auparavant recueilli au cimetière du Genocost où reposent les victimes de la «guerre de six jours». Mgr Ndjate a souhaité que le FRIVAO poursuive ses opérations d’indemnisation aux «vraies victimes pour essuyer leurs larmes», relate Radio Okapi, une radio d’informations indépendante, fondée en 2002 en République démocratique du Congo avec le soutien des Nations Unies avec le concours de la Fondation Hirondelle, une ONG suisse spécialisée dans l’information en zone de crise.
L’Eglise fortement touchée par le conflit
Pour le ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, «l’Eglise catholique, en tant que communauté, fait partie également des bénéficiaires des fonds du FRIVAO». Car, elle a été «fortement touchée par le conflit. Ses différents édifices et bâtisses, tels que la procure, le centre combonien, ainsi que des écoles comme le Collège Sacré Cœur où j’ai étudié, et bien d’autres encore ont été affectés». Le diocèse de Kisangani avait soumis sa demande de réparation de toutes ces bâtisses au FRIVAO, par le biais de Mgr Marcel Utembi, président de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo). (cath.ch/ibc/be)
© Centre catholique des médias Cath-Info, 27.10.2024
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