Les après la sortie médiatique du président Félix Tshisekedi, affirmant qu’il pourrait briguer un troisième mandat « si le peuple le lui demande », ne faiblissent pas. Les journaux et médias en ligne de la capitale congolaise commentent largement les réactions controversées suscitées par cette déclaration.
7sur7.cd rapporte la réaction de l’opposant Martin Fayulu : « J’ai l’impression que Tshisekedi et Kagame se jouent des Congolais, et qu’ils sont en parfaite entente »
Le confrère analyse les propositions très critiques du président du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé) qui se demande à qui profite la guerre.
« Moi, j’ai l’impression que Monsieur Félix Tshisekedi et Monsieur Paul Kagame se jouent des Congolais, ils sont en entente parfaite parce qu’aujourd’hui, la guerre profite à qui ? Kagame continue à exporter de l’or qui vient du Congo, continue à recevoir des taxes de Goma et des environs, et ces taxes vont à Kigali. Et Félix Tshisekedi qui gère cette partie, Kagame gère l’autre partie. Ils sont en entente et disent faire comme ceci et comme cela », a déclaré Martin Fayulu.
AfricaNews : L’UDPS tentée par le passage en force, le danger du logiciel Kabila
Convaincue de tenir une « Opposition ya pete » {NDLR : une opposition faible}, la majorité relance le spectre du référendum et du troisième mandat. Mais 2015 a déjà montré qu’une rue en colère ne connaît pas la faiblesse…
AfricaNews replonge dans l’histoire de la présidence de Joseph Kabila.
« Opposition, pete ». L’opposition de rien. De faible. Le ”mépris” est assumé, répété, brandi par l’UDPS au pouvoir. Fort de ce diagnostic, le parti présidentiel teste le terrain : référendum, retouche sinon changement de la Constitution, troisième mandat pour Félix Tshisekedi.
Le passage en force se dessine. Sauf que la République démocratique du Congo est un film de déjà vu ce. Et l’épisode 2015 s’est mal fini pour ceux qui sous-estimaient la rue.
En 2015 rappelle le tabloïd, « le puissant PPRD contré par une Opposition » pete. Il y a dix ans, le puissant PPRD de Joseph Kabila affichait la même assurance. »
Le reste ? Divisé, impuissant sur papier. Kabila dégaine alors sa carte : lier la loi électorale au recensement de l’ONIP. Objectif clair : faire glisser le calendrier, repousser 2016, gagner du temps. Le 19 janvier 2015, la réalité rattrape la majorité. Sans l’UDPS, Samy Badibanga, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, José Makila, Franc Diongo et Jean-Claude Vuemba lancent la fronde. Kinshasa s’arrête. Goma, Bukavu, Lubumbashi se succèdent. Pendant des jours, la rue bloque tout. Le « glissement » déraille. Le pouvoir croyait l’opposition « Pete ». Il découvre qu’un peuple à bout n’a pas besoin de leaders pour « mordre ».
« 2026 : volonté assumée de rejouer le logiciel Kabila Les sièges ont changé depuis, pas le logiciel. Hier dans l’opposition, l’UDPS tient aujourd’hui les manettes. Et reprend la méthode : minimiser l’adversaire, tâter le terrain, forcer la serrure constitutionnelle. La manœuvre est identique. Changer les règles pour rester ».
Congo nouveau : Fayulu veut barrer la route à Tshisekedi
Sur la même actualité, Congo Nouveau affirme que 48 heures après la sortie médiatique de Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, Martin Fayulu a contre-attaqué. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, le leader de LAMUKA et président de l’ECiDé a frontalement accusé le chef de l’État de préparer un troisième mandat.
Selon Martin Fayulu, Félix Tshisekedi envisagerait de modifier la Constitution pour faire sauter le verrouillage limitant le nombre de mandats présidentiels. L’objectif : se maintenir durablement au pouvoir par voie référendaire.
Actualite.cd : RDC : « Ensemble pour la République estime que Tshisekedi se rend coupable aux poursuites judiciaires pour haute trahison »
De son côté, Actualite.cd précise ce matin qu’alors que le président de la République ne cache plus sa volonté de changer la Constitution du 18 février 2006, Ensemble pour la République, parti de l’opposant Moïse Katumbi, avec Félix Tshisekedi en garde d’enfreindre la haute trahison, l’unique infraction pour laquelle le chef de l’État est poursuivi en RDC. Ensemble insinue dans un communiqué que Tshisekedi s’est engagé sur une voie de fouler au pied le serment solennel qu’il avait prêté devant Dieu et le peuple congolais, ce qui le rend, d’après lui, poursuivable devant la justice pour renoncement à son vœu d’observer et de défendre la Constitution.
« L’infraction pénale de haute trahison : En s’engageant à fauter au pied son serment solennel, prêté devant Dieu et la nation, conformément à l’article 74 de la Constitution, notamment d’observer et de défendre la Constitution, le Président Tshisekedi se rend coupable des poursuites conformément aux dispositions des articles 164 et 165 de notre Loi fondamentale », note Actualite.cd dans sa Une ce de ce lundi 11 mai.
Face aux réformes du système judiciaire exigées par les USA, l’une des raisons avancées par le chef de l’État pour asseoir sa politique du changement de la Constitution par voie référendaire, Ensemble pense que « prétendre qu’il faut changer la loi fondamentale pour signer des contrats miniers est un aveu de haute trahison »
« On n’adapte pas la Loi de la République aux intérêts partisans ; la Loi de la République s’impose à tous, citoyens et partenaires concernés. Ensemble pour la République appuie l’Accord de Washington qui ne doit pas servir d’alibi à un changement de la Constitution. C’est, bien au contraire, la stabilité de nos lois et tout particulièrement le Code minier qui sécurise les investisseurs internationaux », ajoute le parti de Katumbi.
Pendant qu’Econews s’inquiète des propositions de Félix Tshisekedi et titre : « 2028 : une échéance électorale à haut risque »
Le tabloïd note le revirement de Félix Tshisekedi, qui avait axé sa campagne de 2023 sur des accusations visant certains candidats, qualifiés de « candidats de l’étranger ». »
Aujourd’hui, Econews rappelle : « De la Constitution des étrangers, à une constitution dictée par le partenariat avec les USA : dilemme pour Tshisekedi ».
De son côté, Infos27 revient sur cette sortie du président Félix Tshisekedi en titrant dans l’éditorial « Constitution : Exigence de responsabilité ». Pour le Palais de la Nation, écrit le journal, le débat sur la Loi fondamentale ne doit pas être un tabou, mais un acte de souveraineté.
Cependant, le Président tient désormais la tenue des élections de 2028 à la fin de la guerre à l’Est. Une conditionnalité qui fait réagir La Tempête des Tropiques : le quotidien souligne que cette annonce fait craindre à une partie de l’opinion un « glissement » programmé au nom de la sécurité nationale.






