Les appels à l’aide se multiplient dans plusieurs localités du territoire de Djugu, en province de l’Ituri, où les communautés dénoncent une recrudescence des décès liés à l’épidémie d’Ebola et des retards dans la prise en charge des dépouilles. À Lopa, des dirigeants communautaires ont tiré la sonnette d’alarme, mercredi 8 juillet, face au manque de moyens logistiques dont disposent les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés.
Selon plusieurs alertes reçues mercredi matin, des corps de personnes décédées étaient encore conservés dans certaines habitations, dans l’attente de l’arrivée des équipes de riposte. Une situation qui suscite l’inquiétude des habitants, alors que les autorités sanitaires rappellent régulièrement les risques élevés de contamination liés à la manipulation des dépouilles des victimes d’Ebola.
Le président de la société civile de Lopa, Freddy Lotsima, affirme que plus de 180 personnes sont décédées au cours du dernier mois dans la cité et ses environs. Ce chiffre n’a cependant pas été confirmé par des sources officielles. Pour lui, au-delà du nombre de morts, la crise laisse derrière elle de nombreuses familles frappées par le deuil, avec des centaines d’orphelins et de veuves nécessitant une assistance urgente.
Il attribue les retards observés dans les enterrements au manque de véhicules, de carburant et de moyens opérationnels pour les équipes de riposte.
« Le plus grave, de moyens, les corps faute restent trois à quatre jours enfermés dans les maisons avant l’arrivée des équipes de riposte. C’est un danger pour tous. Nous demandons au gouvernement de doter immédiatement les équipes en véhicules et en carburant afin qu’elles puissent intervenir dans les 24 heures après chaque décès. Sauver les vivants, c’est aussi entrer dignement les morts », a déclaré Freddy Lotsima.
Pour les acteurs communautaires, l’amélioration de la capacité d’intervention des équipes d’enterrement dignes et sécurisées constitue un élément essentiel de la lutte contre l’épidémie. Ils estiment qu’une réponse rapide permettra non seulement de limiter les risques de propagation du virus, mais aussi de préserver la dignité des personnes décédées et de soutenir les familles endeuillées.
De leur côté, les autorités sanitaires rappellent que tout contact avec le corps d’une personne décédée d’Ebola expose les proches et les membres de la communauté à un risque important de contamination. Elles encouragent les habitants à signaler immédiatement tout décès suspect et à éviter toute manipulation des dépouilles en attendant l’intervention des spécialistes.
Ces nouveaux appels témoignent des défis persistants auxquels sont confrontées les communautés du territoire de Djugu. Malgré les efforts engagés dans la riposte, l’insuffisance des équipes d’enterrement dignes et sécurisées ainsi que les contraintes logistiques continuent de compliquer la gestion de l’épidémie et de fragiliser davantage les populations déjà éprouvées par de multiples crises humanitaires.






