La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, où au moins 32 civils ont été tués et plusieurs autres enlevés au cours des 72 dernières heures lors de deux attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les localités de Njiapanda-Bela et Lukaya.
Selon les acteurs de la société civile, ces violences ont provoqué d’importants déplacements de populations aussi bien dans les villages directement touchés que dans les localités voisines, où la progression des assaillants alimente un climat de peur et d’incertitude.
L’attaque la plus récente a été signalée vendredi 24 juillet à Lukaya, où sept personnes ont été tuées. Les corps des victimes ont été retrouvés après le passage des rebelles, tandis que plusieurs habitants auraient été emmenés en captivité. La Société civile du Congo précise que ce bilan demeure provisoire, les recherches se poursuivant pour retrouver d’éventuelles victimes supplémentaires.
Deux jours plutôt, les mêmes assaillants avaient pris pour cible le village de Njiapanda-Bela. Après un bilan provisoire de 16 morts communiqué par la société civile, d’autres corps ont été découverts portant le nombre de morts à 25. Plusieurs habitants ont également été enlevés et forcés à transporter le butin pillé par les rebelles dans la brousse.
D’après les informations relayées par la société civile, les combattants ADF se dirigeaient désormais vers Makumo, poussant de nombreux habitants à quitter leurs domiciles par crainte de nouvelles attaques. Un climat de psychose est également observé dans la localité de Malulu, située dans le territoire voisin d’Irumu, notamment dans la zone de Tchabi, où la menace des ADF demeure également préoccupante, alors que les populations vivent sous la crainte d’éventuelles incursions du groupe armé.
Appel à une intervention rapide de l’armée
Face à cette recrudescence de la violence, les acteurs de la société civile de Mambasa appellent le Gouvernement à renforcer la présence militaire dans la région et à doter les Forces armées des moyens nécessaires pour neutraliser durablement les ADF.
Ils rappellent que depuis mars 2026, ce groupe armé aurait déjà tué plus d’une centaine de personnes dans une vingtaine de villages du territoire de Mambasa.
« Nous exigeons aux autorités de prendre au sérieux le dossier ADF. Ces rebelles sont en train de tuer et de saboter les efforts du gouvernement », a déclaré Marie-Noëlle Anotane, membre de la Société civile du Congo.
La société civile exhorte également la population à collaborer étroitement avec les services de sécurité afin de faciliter la lutte contre les groupes armés. Elle appelle notamment les personnes soupçonnées de soutenir ou de collaborer avec les ADF à mettre fin à toute forme de complicité avec ce mouvement, tenue pour responsable de l’insécurité persistante dans plusieurs zones de l’Ituri.
Jusqu’à ce samedi soir, ni les autorités locales ni les Forces armées de la République démocratique du Congo n’ont réagi à ces nouvelles attaques. Cependant, les populations affectées espèrent une intervention rapide afin d’éviter de nouveaux massacres et de permettre le retour de la sécurité dans cette partie du pays.





