Le calme est progressivement revenu ce mercredi 29 juillet dans la cité de Bukama, chef-lieu du territoire portant le même nom, dans la province du Haut-Lomami, au lendemain d’une journée marquée par de vives tensions et des tirs qui ont semé la panique au sein de la population.
Selon plusieurs sources locales, des militaires sont désormais déployés à différents endroits de la cité afin de renforcer la sécurité et rassurer les habitants. Les activités reprennent timidement après avoir été fortement perturbées mardi par une situation sécuritaire qui serait liée à une incursion de miliciens Maï-Maï.
D’après les informations recueillies auprès de la société civile locale, le bilan provisoire fait état de deux personnes tuées et d’une autre grièvement blessée. À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités compétentes pour préciser les circonstances exactes de cet incident.
Une panique généralisée
La journée de mardi a été marquée par des coups de feu qui ont provoqué un mouvement de panique généralisé dans la cité. De nombreux habitants ont préféré rester barricadés chez eux tandis que les activités commerciales et administratives étaient quasiment paralysées.
Augustin Monga, président de la société civile de Bukama, raconte avoir vécu les événements de près.
« Hier, vers 8h50, nous avons commencé à entendre des coups de feu alors que nous étions au marché pour faire des achats. Immédiatement, la population s’est mise à courir dans toutes les directions. Les tirs ont continué jusqu’à 15 heures », témoigne-t-il.
Selon lui, les rumeurs d’une présence de combattants Maï-Maï se sont rapidement propagées dans la cité, alimentant davantage l’inquiétude de la population.
Le responsable de la société civile indique qu’une première victime a été retrouvée près d’une cabine de communication, tuée par balle et dépouillée de son argent. Une autre personne, blessée par balle à la jambe au même endroit, a été transférée à l’hôpital pour recevoir des soins.
« À la cabine, nous avons trouvé une personne tuée par balle et son argent emporté. Une autre personne a reçu une balle à la jambe. Blessée, elle a été transférée à l’hôpital », explique Augustin Monga.
En poursuivant leurs constatations jusqu’aux abords du camp militaire et de la prison, les habitants ont découvert une deuxième victime.
« En remontant vers le camp, jusqu’à la prison, il y avait encore un homme tué, habillé à la manière des Maï-Maï », ajoute-t-il.
Un appel au gouvernement pour renforcer la sécurité
Face à cette situation, la société civile de Bukama appelle les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires afin d’empêcher de nouvelles incursions et de protéger la population.
Augustin Monga estime qu’une collaboration étroite entre les services de sécurité et la population pourrait contribuer à identifier les éventuels assaillants.
« Nous avons besoin de la paix. Nous demandons au gouvernement de faire un effort avec le concours de la population afin que, si ces personnes sont repérées, elles puissent être dénichées. Lorsque deux éléphants se battent, ce sont les populations qui en souffrent. C’est pourquoi nous continuons à réclamer la paix », plaide-t-il.
Alors que la situation semble être sous contrôle ce mercredi, les habitants restent vigilants dans l’attente d’une réaction officielle des autorités et de précisions sur les circonstances exactes de cette attaque qui a plongé Bukama dans l’inquiétude pendant plusieurs heures.





