La nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin restera gravée dans les mémoires en République démocratique du Congo (RDC). Au coup de sifflet final du match opposant les Léopards de la RDC à la Seleçao du Portugal, une véritable explosion de joie a secoué le pays tout entier. De Kinshasa à Goma, en passant par Matadi et Mbuji-Mayi, les rues se sont transformées en scènes de fête populaire, pour célébrer le match nul (1-1) entre les deux sélections à la 1ère journée de la Coupe du monde.
Tout avait commencé quelques minutes plus tôt, lorsque Yoane Wissa était inscrit le mais égalisateur, relançant l’espoir d’une nation entière. Dès cet instant, les premières scènes de liesse ont éclaté. Cris de joie, chants et embrassades ont envahi les fanzones, les bars et les domiciles où des milliers de Congolais suivaient la rencontre, suspendus à chaque action.
Mais c’est véritablement au coup de sifflet final que l’émotion a atteint son paroxysme. Klaxons de véhicules, tambours improvisés et chants populaires ont résonné à travers le pays. Les jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, sont descendus dans les rues pour célébrer ce résultat arraché face à l’une des grandes nations du football mondial.
Une ferveur nationale dans toutes les villes
Dans les grandes villes comme dans les zones les plus reculées, la mobilisation était totale. À Kinshasa, la capitale, l’effervescence s’est prolongée jusqu’aux petites heures du matin dans plusieurs quartiers.
« Pour nous, ce match est en soi une victoire. Même si nous quittons la compétition au prochain tour, nous aurons déjà accompli un grand exploit en tenant tête au Portugal de Cristiano », confie, essoufflé mais heureux, un supporter rencontré dans la rue.
À l’Est du pays, malgré un contexte marqué par les conflits armés et l’épidémie d’Ebola, la ferveur n’a pas faibli. À Goma, Bukavu, Beni et Bunia, l’heure était à l’unité et à la célébration.
« C’était la fête jusqu’aux petites heures du matin », raconte un habitant de Beni.
À Bukavu, une marée humaine a envahi la place de l’Indépendance, transformée en vaste piste de danse improvisée. À Goma et Bunia, des groupes de jeunes ont parcouru les rues en chantant et en dansant, brandissant des drapeaux et des maillots aux couleurs nationales.
Même à Walikale-Centre, dans le Nord-Kivu, la passion du football a rassemblé la population. Une fan zone équipée d’un écran géant avait été installée au rond-point Chuwi.
« Nous saluons l’installation d’un écran géant. C’est une première pour Walikale. Malgré l’éloignement, tout le monde veut voir la RDC réussir son entrée dans la compétition », témoigne un habitant, visiblement ému.
Entre mémoire historique et nouvel espoir
Au-delà de la performance sportive, ce match a réveillé une mémoire collective. « Nous avons effacé la disgrâce de 1974… Yoane Wissa entre dans l’histoire », lance un autre supporter. Une allusion à la première participation du pays, alors appelée Zaïre, à la Coupe du monde en Allemagne. Une campagne difficile, marquée par trois défaites, dont un lourd revers 0-9 face à la Yougoslavie, sans le moindre mais inscrit.
Plus de cinquante ans plus tard, la RDC tourne une page de son histoire footballistique. Sous la conduite de son capitaine Chancel Mbemba, la sélection nationale vient de signer une entrée remarquable et inattendue dans la Coupe du monde 2026.
Dans la nuit congolaise, le football a, le temps de quelques heures, fait taire les douleurs du quotidien. Il a rassemblé, fait vibrer et redonné espoir à tout un peuple. Une nuit de fête, d’unité et de fierté nationale, comme seule la magie du football peut être offerte.






