Alors que la République démocratique du Congo célèbre, ce mardi 30 juin 2026, le 66ᵉ anniversaire de son indépendance, des milliers de personnes déplacées ne disent ne pas encore goûter aux bienfaits de cette liberté. Depuis plusieurs années, elles vivent dans des sites de déplacés, loin de leurs villages, dans des conditions humanitaires difficiles. À l’occasion de cette fête nationale, elles appellent le Gouvernement à rétablir durablement la sécurité afin de leur permettre de rentrer chez elles.
La province de l’Ituri compte aujourd’hui près de 900 000 personnes déplacées, réparties dans une soixantaine de sites et au sein de familles d’accueil, selon les organisations humanitaires.
Pour de nombreuses familles, l’exil dure depuis neuf ans. Chassées de leurs villages par les violences des groupes armés, notamment dans le territoire de Djugu, elles continuent de vivre dans des conditions précaires : pas d’assistance alimentaire depuis 2021 et pas d’accès à leurs terres agricoles notamment au site de la plaine de Savo. Celui-ci accueille environ 80 000 déplacés.
Ces personnes estiment que la véritable indépendance passe avant tout par le retour de la paix et de la sécurité dans leurs localités d’origine. C’est ce que déclare Emmanuel Ndalo, président du site de la plaine de Savo :
« Nous n’avons jamais fêté le 30 juin depuis 2017 ! Nous sommes dans les camps de déplacés, nous souffrons. Alors, nous recommandons au Gouvernement le retour dans nos villages concernés, qu’il nous sauve de cette situation. Que le 30 juin qui arrive (2028) nous trouvons dans notre village ! »
Les personnes déplacées demandent également que les auteurs des violences commises contre les civils, notamment les massacres ayant coûté la vie à des centaines de déplacés, soient poursuivis et traduits devant les juridictions compétentes.
Le retour volontaire et sécurisé des personnes déplacées figure parmi les priorités du nouveau gouverneur militaire de l’Ituri.






