Les chefs coutumiers des sept chefferies du territoire de Mambasa, en Ituri, appellent les autorités et les opérateurs de télécommunications à installer de nouvelles antennes de téléphonie mobile afin d’améliorer la couverture réseau et de renforcer les mécanismes d’alerte précoce face aux attaques des rebelles ADF.
Réunis le jeudi 25 juin à Mambasa, ces responsables coutumiers ont souligné que la faible couverture, voire l’absence de réseau dans plusieurs localités, compromet la transmission rapide des alertes en cas d’incursion des ADF, retardant ainsi l’intervention des forces de sécurité.
Situé à environ 174 kilomètres à l’ouest de Bunia, le territoire de Mambasa est confronté à ce défi de communication qui, selon les chefs coutumiers, aggrave l’insécurité dans une région déjà durement touchée par les violences des groupes armés. Ils estiment que l’amélioration de la couverture téléphonique constitue une priorité pour mieux protéger les populations civiles.
Des villages totalement privés de réseau
Dans plusieurs villages de ce territoire de près de 36 000 km², la couverture téléphonique est inexistante. C’est notamment le cas de la chefferie de Wasselse-Bese, située à la frontière du territoire de Watsa, dans le Haut-Uélé.
Selon les autorités coutumières, les 21 villages de cette chefferie ne disposent d’aucun réseau de téléphonie mobile, une situation qui favorise les incursions des ADF dans une zone où la présence des FARDC reste limitée.
« Dans toute la chefferie, il n’y a pas de réseau. J’avais installé le Wi-Fi, mais les ADF sont venus le voler. Pourtant, c’était notre seul moyen de communication », témoigne le chef de la chefferie de Wasselse-Bese, Faustin Sukari.
Dans d’autres chefferies, seules quelques grandes agglomérations bénéficient d’un faible signal téléphonique.
À Babila-Bakwanza, où les ADF restent très actifs, des sources locales rapportent que lors de la dernière attaque contre le village de Bahaha, des rescapés ont dû parcourir près de 15 kilomètres à pied avant de trouver un réseau permettant d’alerter les FARDC.
« Une incursion des ADF a été signalée à Bahaha, mais il n’y avait pas de réseau. Il a fallu parcourir 15 kilomètres pour trouver un signal et donner l’alerte. Malheureusement, l’information est arrivée en retard. Heureusement, les militaires déjà présents sur place sont intervenus et ont réussi à limiter les dégâts », rapporte des sources locales.
Les opérateurs évoquent des contraintes sécuritaires
Cette situation ne concerne pas uniquement le territoire de Mambasa. Contactées, certaines sociétés de téléphonie mobile expliquent que l’insécurité persistante les empêche de déployer leurs équipes techniques dans plusieurs zones de la province.
En attendant une de la couverture réseau, les autorités coutumières estiment que les populations civiles restent particulièrement exposées, faute de pouvoir alerter rapidement les services de sécurité en cas d’attaque.






