Alors que les affrontements se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23, des experts indépendants des Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation des droits humains dans les territoires sous contrôle du groupe armé. Dans un communiqué publié le 21 juillet à Genève, en Suisse, ces experts dénoncent des violations graves et commissions systématiques contre les populations civiles. Ils appellent à une relance urgente du cessez-le-feu et exhortent toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter leurs obligations en matière de protection des civils.
Selon les experts inusiens, l’AFC/M23 aurait mis en place un véritable système de contrôle fondé sur la peur dans les zones qu’il administre.
Le communiqué fait état d’arrestations et de détentions arbitraires, d’actes de torture, y compris de violences sexuelles, ainsi que de cas de travail forcé et de recrutement forcé de civils. Les experts rapportent également des enlèvements, des incendies criminels et des actes de chant visant les populations locales.
Ces pratiques contribuaient à instaurer un climat d’insécurité permanent, affectant particulièrement les communautés vivantes dans les territoires sous contrôle du mouvement armé.
Les experts des Nations unies se disent particulièrement préoccupés par les informations faisant état de détentions de civils dans des lieux secrets.
Selon eux, plusieurs personnes seraient dans des conditions extrêmement précaires, sans garanties judiciaires ni accès à une assistance appropriée. Le communiqué mentionne également plusieurs décès survenus en détention, renforçant les inquiétudes quant au traitement réservé aux personnes arrêtées.
Les experts soulignent que ces pratiques constituent de graves violations des droits fondamentaux et appellent à la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement.
Les femmes et les filles parmi les principales victimes
Les Nations unies mettent également en garde contre l’ampleur des violences sexuelles liées au conflit. Les femmes et les filles restent les premières victimes de ces exactions, qui continuent d’être utilisées comme arme de terreur dans les zones touchées par les combats.
Les experts demandent l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les cas signalés afin que les auteurs de ces crimes puissent être identifiés et traduits en justice. Ils insistent sur la nécessité d’assurer une prise en charge adéquate des victimes et de lutter contre l’impunité.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, les experts exhortent toutes les parties à respecter le droit international humanitaire ainsi que les droits de l’homme.
Ils appellent également les États et les Nations unies à soutenir les efforts visant à relancer le cessez-le-feu signé en décembre 2025 entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.
Pour les experts, seule une désescalade des violences et le respect des engagements pris par les parties permettra d’assurer une meilleure protection des populations civiles, particulièrement exposées aux conséquences du conflit qui secoue l’est du pays depuis plusieurs années.






