La IVᵉ édition de la Journée nationale du Génocide pour des gains économiques (GENOCOST) a été commémorée ce dimanche 2 août dans plusieurs villes de la RDC. Devant le couple présidentiel à Kinshasa, des victimes ont fait des témoignages émouvants, reflétant l’ampleur d’atrocités subies dans l’Est du pays.
Plus d’1 million de victimes
« Plus de 1,2 million de victimes potentielles ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national. Parmi elles, 4.000 ont déjà été homologuées par la justice et intégrées sur la liste unique des bénéficiaires des réparations administratives », a déclaré Patrick Fata, directeur général du Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Des bougies ont été allumées à la place 4e Rue de la commune de Limete, dans le centre de Kinshasa, en mémoire des victimes du Génocide congolais « perpétré par le Rwanda et ses alliés du M23/AFC », selon les organisateurs.
« Cette commémoration doit ouvrir la voie à une véritable justice réparatrice, mise en œuvre dans le cadre d’un processus de justice transitionnelle. Au-delà des poursuites judiciaires, il est essentiel de garantir aux victimes leur droit à la vérité, à des réparations adéquates, à la reconnaissance officielle des préjudices subis ainsi qu’à des garanties de non-répétition », a plaidé Crispin Kobolongo, président national de l’ONG ” Action contre les violations des droits des personnes vulnérables ” (ACVDP).
A Matadi
Au cours de cette journée, le gouverneur du Kongo-Central, Grâce Bilolo, a lancé un appel à promouvoir la justice, la paix et la réconciliation ; « afin que les auteurs de ces atrocités répondent de leurs actes. Dans le même temps, nous devons promouvoir le dialogue et la réconciliation afin d’empêcher que de telles tragédies ne se reproduisent ».
A Bunia
Lors de cette commémoration à Bunia (Ituri), Xavier Macky, le coordonnateur provincial du FONAREV, a appelé à préserver la mémoire des victimes des massacres et violences des conflits armés en RDC. « Les crimes commis en République démocratique du Congo ne peuvent être ignorés, minimisés ni relégués dans l’oubli. Notre mémoire collective constitue le fondement de notre quête de vérité, de justice et de réparation », a-t-il déclaré.
A Kenge
La Journée nationale consacrée au GENOCOST a été célébrée, au cours d’un culte organisé à l’église protestante CBCO-Centre à Kenge, capitale provinciale du Kwango, à l’initiative de Willy Bitwisila, gouverneur de province. Cette commémoration vise à rendre hommage aux victimes du génocide et à sensibiliser la population autour du thème national : “Maintenant que tu sais, que fais- tu ? “.
A Kisangani
La commémoration du GENOCOST constitue un moment de recueillement, de vérité et de responsabilité, a déclaré le gouverneur intérimaire de la province de Tshopo, Didier Lomoyo :
« Cette commémoration n’est ni une simple évocation historique ni une cérémonie protocolaire appelée à s’effacer de nos mémoires une fois achevée. Elle constitue un moment de recueillement, de vérité et de responsabilité qui nous oblige à regarder notre histoire avec lucidité, à reconnaître l’ampleur des souffrances subies par notre peuple et à mesurer les devoirs qui découlent de cette connaissance ».
A Uvira
Organisée à la Place du Monument, dans la commune de Mulongwe, dans ville d’Uvira (Sud-Kivu), cette cérémonie a été marquée par un hommage solennel rendu aux millions de Congolais victimes des conflits armés qui frappent le pays depuis plusieurs décennies.
L’un des temps forts de cette commémoration a été le témoignage de survivants de la récente occupation de la ville d’Uvira par la coalition RDF/AFC-M23. Devant une assistance émue, plusieurs victimes ont relaté les exactions subies, évoquant notamment des exécutions de civils, des disparitions et d’autres graves violations des droits humains.
A Lubumbashi (Haut-Katanga), Mbandaka (Equateur), Kindu (Maniema)… des célébrations ont été organisées pour rendre hommages respectueux aux victimes innocentes des massacres.






