Le calme est revenu ce mercredi 15 avril dans la ville de Fungurume (province du Lualaba), après une journée de mardi marquée par de vives tensions consécutives à la mort d’un creuseur artisanal au sein de la concession de l’entreprise Tenke Fungurume Mining.
Selon plusieurs sources concordantes, un chargé militaire de la sécurité du site aurait ouvert le feu sur un creuseur qui se serait introduit de nuit dans la concession pour y extraire illégalement des minéraux. Cet incident a déclenché une vive colère parmi les creuseurs artisanaux.
Manifestations, pillages et affrontements avec la police
Au lendemain de ce drame, des manifestants sont descendus dans les rues pour exprimer leur indignation. La situation s’est rapidement dégénérée en actes de pillage et en affrontements, notamment sur l’avenue Kasolondo.
D’après des témoins et la société civile, les forces de l’ordre ont été déployées pour tenter de rétablir l’ordre face à une faute en colère qui lançait des projectiles. La police a fait usage d’armes à feu, causant la mort d’une deuxième personne et faisant plusieurs blessés.
Parmi les victimes figure un élève grièvement blessé, qui devrait être transféré à Lubumbashi pour une prise en charge spécialisée. D’autres blessés sont actuellement soignés sur place, notamment à Dilala, toujours à Fungurume.
Contactée ce mercredi, l’entreprise Tenke Fungurume Mining promet de s’exprimer lorsque tous les éléments liés à ces incidents seront réunis.
Ces événements ne sont pas isolés dans cette zone minière, régulièrement marqués par des incursions de creuseurs artisanaux dans les concessions industrielles.
Un problème structurel qui alimente les tensions
Pour la société civile, ces drames à répétition mettent en lumière l’absence de zones d’exploitation artisanale clairement définie. Elle appelle le gouvernement à encadrer davantage cette activité en attributant des espaces dédiés aux creuseurs artisanaux.
Selon elle, fautes d’alternatives et poussées par la précarité, ces derniers continuent de s’introduire dans des concessions privées, alimentant un cycle de tensions récurrentes, souvent ponctuées de violences et de pertes en vies humaines.





