L’Ordre national des infirmiers du Congo (ONIC) célèbre ce 31 juillet 2026 le dixième anniversaire de sa reconnaissance officielle par l’État congolais. Si cette date a marqué une avancée majeure pour la profession, les professionnels de la santé de l’Ituri dressent un bilan mitigé, pointant du doigt l’insécurité et la précarité de leurs conditions de travail.
Pour le professeur Timothée Kossianza Bakamano, premier vice-président provincial de l’Ordre, les avancées juridiques de la dernière décennie restent assombries par les dures réalités du terrain.
L’insécurité : frein majeur
Dans la province de l’Ituri, l’instabilité sécuritaire impacte directement l’organisation interne de la profession. De nombreux soignants, fuyant les violences, ne parviennent pas à se faire recenser auprès de leur corporation.
Le professeur Timothée Kossianza Bakamano explique la situation :
« Nous dressons un bilan mitigé parce qu’il y a eu le problème de l’insécurité. Beaucoup de structures ont été détruites et des infirmiers ont perdu la vie. Tous les infirmiers devraient disposer d’un numéro d’ordre, mais plusieurs ne sont pas encore enregistrés parce qu’ils ont dû quitter leurs milieux à cause de l’insécurité. Ils travaillent dans des conditions très difficiles, manquent souvent d’équipements et, dans certains hôpitaux, il n’y a même pas d’ambulance. Des infirmiers sont parfois obligés de transporter les malades sur leurs propres motos. »
Face à ce tableau sombre, l’ONIC interpelle directement les décideurs politiques. La corporation demande des actions concrètes pour moderniser les plateaux techniques des structures sanitaires et garantir un environnement de travail sécurisé et digne pour le personnel soignant.
Par ailleurs, l’Ordre lance un appel à la solidarité locale. Les communautés sont invitées à soutenir activement les équipes de santé déployées sur le front des urgences sanitaires, notamment dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola, et à accorder leur confiance à ces professionnels qui sauvent des vies au quotidien.




