La riposte contre Ebola reste confrontée à une forte résistance communautaire à Butembo. Alors que la ville est devenue l’épicentre de l’épidémie dans la province du Nord-Kivu, des structures sanitaires sont incendiées et des agents de santé pris pour cible par jeunes et personnes inconnues. L’ONG locale REDHO, le Réseau pour les droits de l’homme, demande l’ouverture d’enquêtes judiciaires.
Si Butembo a désormais dépassé le cap de 300 cas confirmés d’Ebola et compte plus de 209 décès, selon les données de la riposte, la résistance communautaire continue de compliquer la lutte contre la maladie.
Le Réseau pour les droits de l’homme affirme que plusieurs incidents visant les équipes et les structures sanitaires sont enregistrés presque quotidiennement. Son coordinateur, Muhindo Wasivinywa, témoigne :
« Plusieurs incidents d’agressions des agents et incendies des structures sanitaires sont enregistrés presque chaque jour en ville de Butembo. Quatre structures sanitaires ont été incendiées et plus de sept tentatives empêchées ».
Le REDHO regrette la résistance de certaines personnes qui est à la base de cette criminalité, au risque de la persistance de la maladie dans la zone. Il demande aux services de sécurité et aux instances judiciaires de « diligenter des enquêtes pour que les auteurs des dégâts soient identifiés, appréhendés, jugés en procédure de flagrance. »
Butembo est un important centre commercial du Nord-Kivu, où transitent chaque jour des milliers de personnes. Cette forte mobilité est un enjeu majeur pour le contrôle de l’épidémie.





