La riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola connaît des difficultés logistiques dans la zone de santé de Nia-Nia, territoire de Mambasa (Ituri), située à 360 kilomètres de Bunia. Faute de moyens de transport appropriés, les équipes médicales de cette zone sont contraintes d’acheminer les échantillons biologiques de cas suspects d’Ebola à bord de véhicules de transport en commun, au péril de la sécurité sanitaire.
La situation logistique précaire des services de santé de Nia-Nia ralentit la riposte contre l’épidémie d’Ebola dans cette région, où deux cas confirmés sont déjà enregistrés.
Le transport des échantillons biologiques par transport en commun représente un risque de détérioration ou de perte des prélèvements en cours de route, exposant les autres passagers des véhicules et retardant ainsi les analyses en laboratoire, tout en compliquant la prise en charge des malades.
Le médecin chef de la zone de santé de Nia-Nia, le docteur Joseph Pemanakue, réclame des solutions urgentes et concrètes :
« Nous avons besoin d’un véhicule dédié pour récupérer les échantillons dans les aires de santé et les acheminer directement au laboratoire. Cela nous permettrait aussi d’assurer la surveillance et le suivi des cas sur le terrain. Et si nous disposions d’un laboratoire mobile à Nia-Nia, les prélèvements pourraient être analysés immédiatement ».
L’activisme des rebelles ADF complique la riposte
Au défi logistique s’ajoute une crise sécuritaire majeure. La zone de santé subit des incursions régulières des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), particulièrement dans les aires de santé de Badengaido et de Bafwakoa.
Les conséquences sur le système de santé local sont directes :
• Fermeture de structures : le centre de santé de Bafwakoa a dû fermer ses portes depuis le mois d’avril en raison des violences.
• Déplacement précaire : le personnel et le matériel de ce centre fonctionnent désormais à Nia-Nia-centre, dans des conditions extrêmement rudimentaires.
Face à cette double menace, sanitaire et sécuritaire, les autorités médicales locales alertent le gouvernement et les partenaires sur la nécessité d’un appui immédiat afin d’éviter une propagation incontrôlée du virus.





