La nouvelle flambée d’Ebola en République démocratique du Congo met en lumière une réalité alarmante : il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo, responsable de cette épidémie du 17ᵉ dans le pays, selon le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Afrique). Cette absence de solution médicale accroît les inquiétudes, alors que plus de 80 décès ont déjà été enregistrés et que des centaines de cas suspects sont recensés. Toutefois, l’Institut national de la recherche biomédicale (INRB) se veut rassurant et appelle à « ne pas céder à la panique ».
Une épidémie difficile à contenir
À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, les centres de santé sont débordés par l’arrivée des malades. Le « patient zéro » serait une infirmière admise le 24 avril avec des symptômes typiques : fièvre, vomissements et hémorragies. Depuis, la maladie se propage rapidement dans cette région frontale de l’Ouganda et du Soudan du Sud, où les structures médicales peinent à répondre à l’urgence. Le virus sévit dans les zones de santé de Bunia, Mungwalu et Rwampara. Un malade venu de la RDC a été testé positif en Ouganda.
D’autres pays de la sous-région, comme le Rwanda, le Kenya et le Burundi, ont pris des mesures préventives au niveau de leurs frontières, au moins 24 heures après la déclaration de l’épidémie congolaise.
Lors d’interviews accordées à l’Agence France-Presse et à Actualité.CD, le directeur de l’INRB, Professeur Jean-Jacques Muyembe, a indiqué ce dimanche 17 mai qu’un cas positif au virus Ebola avait été confirmé dans la ville de Goma, à plusieurs centaines de kilomètres de l’Ituri, au Nord-Kivu. La malade a vraisemblablement été contaminée par son époux décédé à Bunia, précise le virologue.
Le ministre de la Santé a fait état, dimanche, de 91 décès probables et de plus de 350 cas suspects. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé cette flambée comme une « urgence de santé publique de portée internationale », le deuxième niveau d’alerte le plus élevé prévu par le règlement sanitaire international.
Riposte sous pression
En l’absence de vaccin ou de traitement spécifique, le professeur Jean-Jacques Muyembe rassure :
« Nous ne devons pas semer la panique. Sur les 17 épidémies qui ont sévi en RDC, 15 ont été maîtrisées sans vaccin ni traitement ».
La souche Bundibugyo présente une mortalité d’environ 30 %, contre plus de 80 % pour la souche Zaïre. Des candidats vaccins sont attendus d’ici fin mai, at-il ajouté.
En attendant, les équipes médicales s’appuient sur des mesures classiques :
Isolement des patients pour limiter la transmission. Surveillance des contacts afin de briser les chaînes de contamination. Sensibilisation aux gestes barrières comme le lavage des mains, le port du masque et les enterrements sécurisés.
Face à la gravité de la situation, Médecins Sans Frontières (MSF) prépare une intervention d’urgence à grande échelle. L’ONG alerte sur la vitesse de propagation, jugée « extrêmement préoccupante », surtout après l’apparition de cas signalés en Ouganda.






